Water-polo : Nice, l’exemple à suivre pour relancer la France ?

0
541

Actuellement en plein tournoi de qualification pour les Jeux Olympiques de Rio, l’équipe de France de water-polo n’a plus disputé la compétition depuis 24 ans. Une absence qui montre les difficultés pour ce sport à se développer dans l’Hexagone. Dans ce paysage, Nice fait partie des exceptions.

« Je souhaite faire du water-polo mon métier ». Lucas, joueur de l’équipe des moins de 17 ans de l’Olympic Nice natation, rêve de vivre de sa passion. Une passion venue très tôt. . « J’ai commencé par la natation avant d’essayer le water-polo. Le côté physique de la discipline et sa ressemblance avec le handball m’ont beaucoup plu », confie-t-il. Après 8 ans de pratique, Lucas ne s’en lasse pas. « Cela me plaît toujours autant », sourit-il.

Des salaires loin d’atteindre les sommets

Encore jeune, il garde pour autant la tête sur les épaules. Le joueur de l’Olympic Nice natation sait que le water-polo ne devrait pas lui permettre de vivre à son aise. «Sauf si je deviens le meilleur joueur du monde, je devrais avoir un métier à côté », assure-t-il. En Pro A, la première division du championnat de France, le salaire des meilleurs poloïstes (joueur de water-polo) atteint difficilement les 3 000 €. Impossible donc pour les joueurs d’abandonner les études. Pourtant, avec un à deux entraînements par jour il est « souvent compliqué d’allier les deux ».

Rémi Saudadier et les Bleus tentent de retrouver les Jeux Olympiques après 24 ans.
Crédit : Panoramic

« J’ai lâché mon emploi pour pouvoir aller aux Jeux Olympiques »

Vincent De Nardi, sextuple champion de France avec Nice et ancien international français en a fait l’expérience. « En 1992, j’ai lâché mon emploi pour pouvoir aller aux Jeux Olympiques. C’est compliqué de sacrifier son travail pour un sport qui ne te met pas à l’abri ». Il faut dire que les clubs français vivent des subventions accordées par leur municipalité et par la fédération française de natation.

Quant aux revenus de la billetterie, ils sont nuls. « Les matches de Pro A se jouent devant 150 personnes en moyenne. L’entrée y est donc gratuite », explique Vincent De Nardi, aujourd’hui entraîneur des équipes de jeunes du club niçois. Un manque de moyens qui met un frein à la progression de cette discipline. « Les déplacements en avion, l’hôtel, les stages et les infrastructures coûtent beaucoup d’argent aux clubs », regrette-t-il. La saison dernière, le FNC Douai avait dû renoncer à participer à la Coupe de la Ligue qui se jouait à Strasbourg par manque de moyens.

Nice parmi les villes les mieux loties

Dans un pays où le water-polo a du mal à émerger, Nice fait presque figure de bonne élève. « On dispose de plusieurs piscines et nos entraîneurs ont beaucoup d’expérience. Là plupart de nos coachs sont d’anciens internationaux », assure Zach, joueur de water-polo des moins de 16 ans de l’Olympic Nice natation. La capitale azuréenne compte douze titres de champions de France. Si Nice n’a plus fini sur la plus haute marche depuis 2004, le Nice olympique natation reste un club référence en France. Un atout pour la ville mais un inconvénient pour le niveau de l’équipe de France selon Vincent de Nardi. « On ne peut pas faire une équipe nationale forte avec seulement deux clubs compétitifs que sont Nice et Marseille. Il faut plus d’équipes compétitives », lance-t-il. Un souhait peut-être exaucé avec la montée en puissance de Montpellier, champion de France en 2012 et 2014. 

*Crédit photo : Panoramic

Boris Calabrin et Mohamed Laredj