Vote blanc : un coup d’épée dans l’eau

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Le vote blanc reconnu, les Français de nouveau attiré par les urnes ? Crédit photo : http://www.flickr.com/photos/virany/426467075/sizes/o/in/photostream/

Reconnu mais pas comptabilisé. C’est en substance le résultat du vote effectué lors d’une session de nuit à l’Assemblée nationale. Le vote blanc est donc reconnu. Victoire ? Loin de là.

Le vote blanc reconnu, les Français de nouveau attiré par les urnes ?
Crédit photo : www.flickr.com

Ça serait presque passé inaperçu. Il faut dire que seuls 90 députés (sur 577) étaient présents au moment du vote, tard hier soir. La reconnaissance du bulletin blanc, proposée par l’UDI, a été adoptée à l’unanimité des députés. Le vote blanc fera donc l’objet d’une séparation d’avec les bulletins nuls. Le nombre de blancs sera communiqué mais pas intégré aux résultats. Un camouflet, « une mascarade » pour Gérard Gautier, fervent défenseur du vote blanc qui publiait ce matin une tribune sur le Télégramme.com.

Un texte de loi frileux

                Pour Auguste Vérola, conseiller municipal UMP de la ville de Nice, « cette décision est ambiguë, entre deux. Autant comptabiliser les votes blancs. Ou même rendre le vote obligatoire (voir encadré, NDLR). » Du côté de Patrick Allemand, tête d’affiche de l’opposition niçoise, c’est une question « qui ne passionne pas les Français mais qui ne s’avère pas une bonne idée ». La question du bulletin blanc divise depuis bien longtemps. Lors des discussions, Alain Vidalies, ministre délégué aux Relations avec le Parlement, soulignait que le débat a débuté sous la IIIe République. Le bulletin blanc fait peur aux politiques. Si ces derniers avaient été intégrés aux résultats, ni Jacques Chirac en 1995, ni François Hollande en 2012 n’auraient obtenu la majorité absolue lors du second tour. Inutile de préciser le peu de légitimité dont souffrirait un tel président.

L’intégration aux résultats ou rien

La reconnaissance du vote blanc est un pas, mais minuscule. Il faudrait, pour crédibiliser le vote blanc et renvoyer les Français réticents aux urnes, intégrer aux résultats finaux le pourcentage de bulletins blancs. Au risque de se trouver dans une situation ubuesque de majorité de bulletins blancs. Un tel échec de la classe politique serait, peut-être, un acte fondateur d’un renouveau total de la politique en France.

Guilhem Herbert

 

 

Et le vote obligatoire alors ?

Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, a jeté un pavé dans la marre ce matin. Il s’est déclaré favorable au vote obligatoire. Système déjà appliqué en Australie ou en Belgique. Le concept est simple : un citoyen ne remplissant pas son devoir de vote se voit infligé une sanction (financière généralement). Si l’on oblige les citoyens à se déplacer aux urnes, il faudra donc inéluctablement intégrer aux résultats les bulletins blancs, révélateurs du malaise voire du désamour de la politique du moment.

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Parti de loin, à tout point de vu, j'essaye de rattraper mon retard, tant bien que mal. Amoureux des Landes, mon département, je n'ai qu'une idée en tête : parcourir la planète pour enfin connaître et comprendre un tant soit peu le monde qui nous entoure. Le rugby et la nourriture sont aussi mes grandes passions. Surtout quand les deux sont associés.