Voile – Thomas Normand, toujours plus ambitieux

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Thomas Normand, 210 jours passés sur l'eau par an.

Grand espoir de la voile française, le skipper breton a vu sa progression s’arrêter il y a un an, avec le retrait de son partenaire « Financière de l’Echiquier ». De cette déception, il en ressort une expérience et surtout un nouveau challenge. Présentation d’un marin plein d’avenir. 

Souriant et chaleureux, Thomas Normand parle avec plaisir et enthousiasme de sa passion pour la voile. Sa véritable raison de vivre. Originaire de Penestin, ce Breton a toujours grandi dans un univers marin. Pour preuve, il avait 2 mois lors de sa première navigation et « le club de voile était à 50 mètres de la maison familiale », explique le skipper. Pas d’autre choix donc, que celui de suivre un parcours nautique. Pourtant, tout petit son rêve était tout autre. « Je voulais devenir basketteur professionnel mais je me suis rendu compte très vite que ma taille allait être un handicap » confie-t-il. Effectivement, avec une hauteur ne dépassant pas le mètre 70, c’est un peu juste. Alors à 4 ans, il commence l’Optimist, encadré par le bateau familial. Talentueux, Thomas rentre à 15 ans dans le circuit fédéral et intègre l’INSEP de Quiberon. Beaucoup d’espoirs sont placés dans ce jeune champion et cela va porter ses fruits.

« J’ai mené de front mes études et la compétition »

Après un baccalauréat scientifique obtenu avec mention à Guérande, le jeune voileux choisit l’Université de Nantes pour poursuivre son cursus. Il y effectue une licence STAPS management du sport et durant ces trois années, il s’entraîne tous les mercredis après-midis. « En conjuguant travail et assiduité, j’ai mené de front mes études et la compétition ». Un cocktail payant. En 2007, Thomas remporte le titre de champion d’Europe junior sur Catamaran Formule 18. Fort de ce premier trophée, le jeune skipper poursuit sa formation à Rennes avec un master en Ecole Supérieure de Commerce. Réussissant toujours à allier les études et le sport de haut-niveau, Thomas Normand se voit récompenser une nouvelle fois durant son année de césure. Et pour cause, il fait son stage aux côtés du prestigieux navigateur Jean-Pierre Dick.

« Travailler avec Jean-Pierre Dick, une révélation »

Il le dit de façon franche, cette rencontre avec le marin de l’année 2011 est une « révélation », qui lui permet de « monter un véritable projet professionnel ». Des moyens matériels et financiers lui sont proposés et le jeune skipper prend une nouvelle dimension. A 24 ans, il remporte le classement général de la Transat 6.50. Il termine premier bizuth (débutant) sur la solitaire du Figaro. Tout va très bien, jusqu’au début de l’année 2013. Crise économique oblige, son partenaire « Financière de l’Echiquier » se retire du programme. Une « claque » pour le Breton, mais surtout un nouveau départ. Lucide, il garde les pieds sur terre et explique que cette expérience aux côtés de son « mentor » est « une chance », qui lui a permis de « franchir un cap ».

« Etre sur la ligne de départ de la saison 2014, mon obsession »

Après trois saisons en Mini 6.50 et une saison en Figaro, Thomas a su rebondir. A 26 ans, un nouveau challenge rythme sa vie de passionné, les « Extreme Sailing Series ». A l’origine de la création de l’écurie « Match Point », l’idée a été de développer un projet gagnant avec le seul équipage français. « Le projet de notre équipe s’inscrit dans la durée avec le challenge de nous confronter aux meilleurs mondiaux » explique-t-il. Et d’ajouter, « je me lève tous les matins avec cette même obsession : être sur la ligne de départ de la première course de la saison 2014 ». Rendez-vous est pris à Singapour en février prochain, pour voir naviguer ce champion vers de nouveaux horizons.

L’info en plus : Thomas Normand en 5 dates

Matthieu Drouin