Viol : entre culpabilité et honte

0
315
Chaque année, une niçoise sur huit est victime de viol. Crédit Photo : KV et PPDM

313 femmes, célèbres ou anonymes, ont avoué avoir été violées, d’après une enquête du « Nouvel Observateur ». A Nice, une femme sur cinq a été victime d’abus sexuels par des proches ou des connaissances. Plutôt que le reconnaître, elles préfèrent se murer dans le silence …

Chaque année, une niçoise sur huit est victime de viol. Crédit Photo : KV et PPDM

« Je me sentais coupable. Mon agresseur est le meilleur ami de mon cousin. Je ne voulais pas être une cause de conflit dans ma famille ». Gwenaëlle a vécu ce douloureux moment il y a 10 ans. Agée de 14 ans, elle n’a porté plainte que 5 ans après les faits, contrainte par ses proches. Aujourd’hui, elle ne s’en est toujours pas remise.

Le phénomène a pris de l’ampleur ces dernières années. Toutes les 8 minutes, une femme est victime de sévices sexuels dans le monde. Nice ne déroge pas à la règle. L’association « Accueil Femmes Solidarité » à Nice vient en aide à ces personnes pour les sortir de leur isolement, de leur mal-être. Chaque année, 800 victimes de l’agglomération sont aidées et soutenues juridiquement et moralement. La directrice de l’association confie : « Elles ont souvent du mal à franchir le cap. Elles se sentent fautives et déshonorées. Ici, elles ne sont pas jugées. Nous avons toutes vécu la même situation ». Sa mission : les sortir de cet environnement néfaste et les pousser à parler pour condamner leur agresseur.

Les services de police Niçois comptent tous les ans plus de 300 plaintes, mais soupçonnent le double. « Elles peuvent mettre des années à venir, souvent sous contrainte. Généralement, ces femmes-là ne vont pas au bout de la procédure, elles culpabilisent d’accuser leur conjoint, leurs amis, leur famille » souligne un commissaire de police.

Femmes mariées, jeunes étudiantes, seniors, SDF… Il n’y a pas de profil type. Aucune classe sociale n’est épargnée. Les femmes ne sont pas les seules à être touchées par ce phénomène. Les hommes sont aussi victimes d’abus sexuels, mais peu de cas sont répertoriés. En cause : la honte. Celle de ne plus être considéré comme un homme.

Kelly Vargin et Patricia Pereira de Matos