Vaincre le Puma noir

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Le XV de France passe un nouveau test contre l’Argentine samedi (20h45) au stade de la Mosson à Montpellier. Les sélectionneurs tricolores ont logiquement restructuré leur équipe autour des cadres pour affronter les «Pumas» et surtout pour les battre.

Depuis 2002, le XV de France ne s’est imposé qu’à deux reprises face à l’Argentine en neuf confrontations. Une habitude à perdre dés samedi car une nouvelle défaite ferait désordre côté français, à moins d’un an de la coupe du monde en Nouvelle-Zélande. L’objectif est simple : produire du jeu. En finir avec cette désagréable impression de surplace, comme en témoigne le manque d’ambition du jeu tricolore contre les Fidji la semaine dernière. Trop vite excusée par des conditions climatiques exécrables, la performance collective française n’a pas plu à Marc Lièvremont : « J’aurais voulu voir plus de chose. Au lieu de cela, on s’est contenté de gérer ».

La ligne arrière en question

Une victoire sur les Argentins avec la manière est fortement souhaitée. Les joueurs français doivent réagir impérativement. Et laver l’affront du mois de juin dernier. Il suffit d’écouter Lionel Nallet à ce sujet pour voir que les cicatrices sont encore saignantes. « On a pris une telle fessée que j’ai encore les fesses rouges » confiait cette semaine le deuxième ligne. Également marqué par la déroute à Buenos Aires, le sélectionneur tricolore ne peut compter que sur les doigts d’une main les matches aboutis de sa formation depuis 2007. Soyons honnête, cela ne suffira pas à remporter le Mondial en Nouvelle-Zélande. Symboles de cette irrégularité, les arrières tricolores sont capables du pire comme du meilleur. Constamment changeante, la ligne arrière fait encore une fois dans l’inédit contre les Pumas. A commencer par le nouveau : Yohan Huget (23 ans). Après une dizaine de matches de Top 14 avec l’Aviron Bayonnais, le grand saut. Il est propulsé à l’aile de l’équipe de France quand des hommes comme Vincent Clerc, Julien Malzieu ou Maxime Médard seront devant leur télévision. Rien que ça. Mais quid de ce « fameux collectif » qui est censé s’affirmer à un an de la coupe du monde ?

Quatorze changements contre l’Argentine

Logiquement favori, le XV tricolore peut toutefois se reposer sur ses fondamentaux. « La France est la meilleure équipe d’Europe » pour l’ouvreur des Pumas Felipe Contepomi. Malin, l’Argentin ! Mais il est conscient que le bloc défensif français n’a pas de concurrent sur le sol européen. Sa mêlée, sa touche permettent d’avoir des pénalités décisives et d’asseoir son style de jeu. Mais à contrario, le XV de France doit quand même gagner en repère dans les stratégies de jeu. Les quatorze changements par rapport au test contre les Fidji ne les aideront pas. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que tout coulait de source. Le retour de Sébastien Chabal en troisième ligne centre en est la preuve. Ses performances avec le Racing Métro depuis deux saisons ont enfin convaincu Marc Lièvremont. A son poste de prédilection, « The Caveman » est intraitable. Demandez à Ali Williams et Chris Masoe ce qu’ils en pensent… À l’arrière, la titularisation du Briviste Palisson n’est pas surprenante. Après le bon match de Porical face aux Fidji, la logique de turn-over du staff français est respectée. Pour le reste, c’est du costaud. Le « milieu de terrain » (Traille-Jauzion-Rougerie) affiche en moyenne 1m93 et 105 kilos ! Les sélectionneurs français misent sur le retour des cadres pour envoyer « du lourd » et contrer cette valeureuse équipe des Pumas.

Le temps presse

L’Argentine, passé de souffre-douleurs à bête noire de l’équipe de France, est le rival idéal pour se rassurer en produisant du jeu. « Pénible » à jouer pour Marc Lièvremont, le XV argentin propose peu d’initiatives et se nourrit avant tout des erreurs adverses pour scorer. La France devra donc montrer des progrès dans son jeu offensif et profiter de ce test-match pour rendre une copie digne des attentes à un an du Mondial. Le temps presse.

Nicolas Boffo