Uppercut pour la boxe pro

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Le monde de la boxe a vécu vendredi dernier une révolution avec le début des World Series of Boxing. L’AIBA (Association Internationale de Boxe Amateur), le CIO (Comité International Olympique) et les différentes fédérations nationales se sont concertés pour créer une compétition de boxe associant un championnat par équipes et un championnat individuel.Les World Series of Boxing ont été créés pour redonner du lustre et de l’enjeu au noble art. Alors que le monde professionnel est dominé par l’argent, les WSB ont pour objectif de proposer des rencontres avec du suspense. Les boxeurs amateurs bénéficieront également de revenus importants (plusieurs milliers d’euros) en cas de victoires. Si le succès des WSB perdure, l’avenir de la boxe professionnelle pourrait être compliqué…

Deux championnats en un

Les WSB sont composés de douze équipes réparties en trois conférences : Amérique (Los Angeles, Miami, Chicago et Mexico), Europe (Paris, Istanbul, Milan et Moscou) et Asie (Bakou, Astana, Pékin et New Delhi). Chaque franchise a la possibilité de recruter de dix à vingt boxeurs (c’est-à-dire de deux à quatre par catégorie) avant le début de la saison. Chaque équipe affronte quatre fois les trois autres équipes de sa conférence. Les rencontres se disputent au meilleur de cinq combats. Un combat se déroule en cinq rounds de trois minutes. Cinq combats par match pour cinq catégories de boxeur : les poids coqs (-54 kg), les légers (61 kg), les moyens (73 kg), les mi-lourds (85 kg) et les lourds (+91 kg). Une fois que toutes les confrontations ont eu lieu (24 réunions par conférence), le vainqueur de chaque groupe ainsi que le meilleur deuxième se qualifient pour les demi-finales. La finale se dispute en dix combats.

A partir des demi-finales, un championnat individuel est mis en place en parallèle du championnat collectif. Les deux meilleurs boxeurs de chaque catégorie s’affrontent lors d’une finale. Les cinq vainqueurs obtiendront leur ticket pour les Jeux Olympiques de Londres.

Le « Paris » de Brahim Asloum

La franchise de Paris United représente la France dans les World Series of Boxing. Propriété du champion olympique 2000 Brahim Asloum, l’équipe française est composée des neuf meilleurs amateurs tricolores et de cinq boxeurs étrangers (comme l’autorise le règlement des WSB). Le Paris United est doté de nombreuses têtes d’affiches telles qu’Alexis Vastine, médaillé de bronze aux derniers Jeux olympiques, et Tony Yoka, un « beau bébé » d’1m97 pour 103 kg âgé de 18 ans. Après avoir raccroché les gants en avril 2009, le « Petit Prince du ring », Brahim Asloum, a adhéré immédiatement au projet des WSB. « Lors d’une formation à la Sorbonne, j’ai eu vent des World Series of Boxing. Tout de suite, ce projet m’a enthousiasmé. (…) Sans forcément critiquer la boxe, les World Séries ont gommé les défauts qui y étaient présents. Désormais, on a un championnat médiatisé, un calendrier, une saison régulière. Les boxeurs auront un statut, ce qui est une nouveauté. Auparavant, on boxait à la bourse. Aujourd’hui, ils ont des contrats de trois ans et donc une sécurité financière. » Il a pris le pari de débourser près de deux millions d’euros pour créer sa propre franchise. Lors de la première journée, les Parisiens se sont inclinés en Italie face aux Thunders de Milan 3 à 2. Ils rencontrent ce soir, à la Halle Carpentier, les Kremlin Bears de Moscou. En direct à 21h sur l’Equipe TV.

Jean-Baptiste Méline