Une saison en enfer

0
349

L’AS Cannes reçoit samedi soir à 19 heures dans son antre Pierre de Coubertin, la réserve de Bordeaux. Même si les rouges et blancs ne sont que 6ème à l’heure actuelle, ils restent toujours à l’affût pour remonter en National. Pour cela, il ne faudra plus faire de faux pas et réaliser des prouesses à domicile comme à l’extérieur. C’est une véritable mission commando qui attend les hommes de Jean-Marc Pilorget. Une montée qui mettrait fin au calvaire des Cannois cette saison.« Tout le groupe y croît et nous n’avons plus rien à perdre. L’objectif numéro un du club est toujours la montée. Les choses sont simples, il reste 12 matchs avant la fin du championnat. Il faudra gagner les 12 ».

Jérémy Gavanon, le portier cannois, utilise-t-il la méthode Coué ? Il est vrai, qu’avec 12 points de retard sur le premier (et seule équipe à monter à l’échelon supérieur), le retour de l’AS Cannes en National semble compromis. Malgré la victoire à 4 points (c’est la particularité des championnats amateurs) les Cannois vont peut-être devoir végéter en Championnat de France amateur (C.F.A.) pour une deuxième année consécutive. Un niveau qui ne devait pas être celui de l’équipe rouge et blanche cette saison.

Car Cannes a connu une « annus horribilis ». En fin de championnat dernier, le club arrive à se maintenir sportivement en 3ème division française. Une place lourde de conséquence, puisqu’elle assure un statut professionnel au club. Ce qui inclut la possibilité de garder son centre de formation et des joueurs mieux préparés au haut-niveau. Pendant l’été, c’est le drame, le gendarme financier du football français, la direction nationale de contrôle et de gestion (D.N.C.G.) rétrograde le club en 4ème division parmi le rang des amateurs. Adieu le centre et bonjour la galère.

Les dragons cannois ne se laissent pas faire, obtiennent des nouvelles garanties financières et portent l’affaire devant le Comité national olympique et sportif français. Le CNOSF donne raison au club azuréeen. Malheureusement, fait rarissime, la fédération française de football ne suit pas l’avis du comité olympique. Le club a continué de lutter, refusant même de jouer la première journée programmée le 13 août dernier et de perdre sur tapis vert. Finalement, le club se résigne début septembre.

« Plus à l’aise à l’extérieur »

Depuis cela, rien ne va vraiment bien du côté de la Croisette. L’équipe n’a pas su afficher un niveau de jeu conforme à ses ambitions et pire encore, l’entraineur du renouveau David Guion a quitté le navire en cours de saison. Comme si le destin s’acharnait sur le club, la commission de discipline vient de retirer 2 points à l’équipe acéïste. Motif de la sanction : des incidents survenus lors d’un match face à Marseille-Consolat. Or ce sont les Provençaux qui ont attaqué les Cannois dans les vestiaires. Une décision qui a fait bondir le club qui a décidé de faire appel de cette « incohérence » selon eux.

Jean-Marc Pilorget, le nouvel entraineur, arrivé en janvier connaît une embellie et peut se targuer d’un bilan flatteur (4 nuls et 4 victoires pour 0 défaite). Cependant, il est conscient que le chemin est encore long. « Il faut d’abord gagner Bordeaux ce samedi. Ce sera difficile car, en face, c’est une réserve professionnelle. On sait qu’ils jouent bien au ballon comme les autres réserves. Le plus dur reste l’adaptation dans ce championnat ».

Les lacunes des rouges et blancs vont devoir rester aux vestiaires notamment celles connues lors des rencontres à domicile. « Notre jeu est basé sur le contre de l’adversaire. Quand nous sommes à la maison, nous devons produire du jeu et nous n’en sommes pas capables, c’est pour cela qu’on est plus à l’aise à l’extérieur  » confie le tacticien Pilorget.

L’équipe va donc se concentrer sur ses résultats, mais aussi croiser les doigts : « Il faut que nos adversaires directs connaissent des mauvais résultats » rappelle le coach. La machine azuréenne va devoir se mettre en route dès samedi soir, sinon elle peut faire une croix sur le miracle espéré et ses espoirs de montée. Dans ce cas là, c’est sûr, Cannes méritera bien la palme de la malchance en mai prochain.

Hugues Viviani