Une formation dans la tauromachie qui fait débat en Espagne

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Le ministère espagnol de l’Education nationale étudie la possibilité de créer une formation afin de devenir « torero ». Ce projet fait couler beaucoup d’encre en Espagne, mais aussi en Europe. Une grande majorité des eurodéputés (64 %) a voté ce mercredi pour la fin des subventions à la tauromachie.

Matador, picador, banderillo, novillero. Ces métiers de la corrida vont peut-être faire leur apparition dans le système scolaire espagnol. Un « bac pro torero » fait l’objet de discussions au sein de l’Education nationale espagnole. De nombreux détracteurs s’indignent contre ce projet de loi.

Une pratique de moins en moins populaire

Tradition culturelle en Espagne, la corrida est de plus en plus décriée. « Tortures, massacres, violences » sont des termes souvent utilisés pour décrire l’événement. « La souffrance n’est pas un spectacle ». Le discours de l’association Crac (Comité radicalement anticorrida), résume bien la pensée d’un grand nombre d’opposants. Depuis le début des années 2000, les « toreros » attirent de moins en moins les foules. Le nombre de corridas a considérablement baissé, passant de 2.176 en 2007 à 956 en 2014. Même son de cloche du côté du Parlement européen, où 64 % des eurodéputés ont voté ce mercredi en faveur de l’arrêt de subventions au milieu tauromachique.

Activité décriée mais essentielle pour l’Etat

La tauromachie fait partie des sources de revenus de l’Etat espagnol. Grâce à la TVA sur les entrées vendues lors de corridas, les représentations des toreros participent à l’économie du pays ibérique. Le gouvernement de Mariano Rajoy ne compte pas délaisser la tradition. Déjà interdite aux îles Canaries et en Catalogne, respectivement depuis 1991 et 2012, l’industrie liée à la tauromachie est fortement remise en question. La création du cursus scolaire « torero » sonne, néanmoins, comme une réponse du gouvernement.

Romain Lafon & Mohamed Laredj