Une chance pour la Francé

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Serbie – France. La finale de la Coupe Davis se joue du 3 au 5 décembre prochains à Belgrade. Une bonne occasion de tester la bonne forme du moment des joueurs français. Un bol d’air pur. Guy Forget peut enfin respirer. Le déroulement du Masters 1000 de Paris-Bercy lui a certainement gorgé les poumons d’oxygène. Car la finale de la Coupe Davis semblait bien mal embarquée avant le rendez-vous parisien.

Une finale à l’extérieur. Dans une atmosphère terrible. Devant un public possédé. Il faudra s’attendre à un duel de chaque instant face à des gladiateurs serbes transcendés emmenés par leur emblématique capitaine, Novak Djokovic, numéro 3 mondial. Preuve de l’importance de l’événement : les 15 390 places de l’Arena de Belgrade ont été vendues en seulement quatre heures.

Tous les ingrédients étaient réunis pour transformer cette finale en véritable chemin de croix pour les successeurs des Mousquetaires. Et ceci sans compter les blessures successives frappant le clan Tricolore. Mais la donne a changé.

Les sauveurs ?

Grâce à qui ? Deux hommes. Gaël Monfils et Mickael Llodra. Leurs parcours respectifs dans la capitale plaident pour eux. Verdasco, Murray et Federer pour l’extravagant protégé de Roger Rashid. Davydenko et Djokovic pour le Francilien. Difficile de faire mieux. D’un côté, une légende du tennis mondial. De l’autre, un adversaire direct dans la conquête du Saladier d’Argent.

L’écart s’est resserré. Du moins sur le papier. Car il faudra confirmer en Serbie. Même si les tennismen français restent sur une bonne note, ils ont évolué devant un public acquis à leur cause. Les spectateurs ont joué un rôle déterminant dans l’enceinte du Palais Omnisport de Paris – Bercy. Et il n’y a aucune raison pour que le court de l’Arena de Belgrade n’insuffle pas les mêmes ondes mystiques aux athlètes serbes.

Tenir le rang

Gare à l’excès de confiance. Une finale est toujours plus compliquée à jouer qu’un simple match. Une rencontre de Coupe Davis aussi. Et les exemples de sportifs français n’ayant pas répondu présent lors de grandes échéances sont nombreux. La plus probante en l’espèce : la finale entre l’Australie et la France en 2001.

Sébastien Grosjean sortait d’une année faste avec une victoire à Bercy. Grâce à son succès au Masters parisien, il s’est hissé au 6ème rang mondial. Et il est passé inaperçu en Australie. Après l’euphorie d’une grande performance, la tendance est souvent au relâchement. A l’image de dimanche dernier. Après sa victoire sur Roger Federer, Gaël Monfils n’aurait du faire qu’une bouchée de Robin Soderling. En théorie.

Une issue incertaine

Mais voilà, en sport rien n’est jamais joué à l’avance. Aucun match ni aucune finale. Les Serbes pourront compter sur un public dévoué et fidèle mais devront se méfier de l’état de forme des hommes de Guy Forget.

Quant aux coéquipiers de Mickael Llodra, ils devront s’appuyer sur leurs dernières prestations individuelles et les avantages psychologiques qui en découlent. Tout en se méfiant de leur penchant. Une tendance qu’il va falloir laisser au vestiaire.

D’autant plus que l’enjeu est de taille : la dernière finale jouée par une équipe française remonte à 2002. Et aucun Saladier d’Argent n’a foulé les courts tricolores depuis 2001. De son côté, la Serbie jouera gros. Son objectif : glaner un premier titre en Coupe Davis et par là même égaler le frère ennemi croate (titre remporté en 2005). Dans cette rencontre indécise, le score est sans appel. Egalité. Avantage tennis.

Alexandre Ferret