UNE AVENTURE COLLECTIVE

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Chaque année le Dakar voit un pilote d’exception être consacré, mais derrière l’exploit individuel, une équipe gravite. Impossible d’espérer bien figurer dans cette course sans la complicité et l’investissement de professionnels dévoués. Plongée dans les arcanes du bivouac sur ces hommes de l’ombre qui poussent leur leader vers le haut.« Je suis toujours mis en avant par ma performance et la place que j’occupe à l’arrivée des étapes, mais ce qui se passe derrière est aussi important. » David Casteu l’a bien compris, ses grosses performances des dernières années (2e en 2007) n’auraient jamais été possibles sans le soutien d’une équipe soudée. Perfectionniste à l’extrême, il a même appris au fil des éditions à déléguer. « L’important est que chacun soit indépendant tout en entretenant son esprit d’équipe ». Des rôles bien répartis sur le bivouac pour optimiser les performances. C’est pourquoi cette année il n’y aura pas de manager. « On s’est tous mis autour d’une table et on a décidé de se répartir les rôles pour éviter les conflits inutiles. Éviter les  »petits chefs » et responsabiliser les membres  ».

« Plus qu’un groupe, une famille »

La Team Casteu c’est une quinzaine de collaborateurs proches, tous autant investis dans l’aventure. Premier témoin de cette cohésion, Aymeric (étudiant à l’IFA*), qui a été sélectionné pour accompagner l’équipe en Argentine cette année. Une première et une opportunité unique qu’il ne doit selon lui qu’à sa capacité d’adaptation au groupe. « Nous étions trois pré-sélectionnés. On a passé une journée avec l’équipe et j’ai été pris. Je pense que j’ai fait la différence par ma capacité d’adaptation. Je suis rentré dans le moule. »

Un esprit d’équipe, composante indissociable dans ce genre de compétition: « pendant deux semaines on est plus qu’un groupe, une famille. On vit ensemble, parfois sans se laver et en dormant et mangeant comme on peut » lance David.

« Il sait qu’il peut compter sur nous dans les moments de doute  »

La cohésion est tellement importante qu’elle nécessite des répétitions. Outre ce  »bivouac blanc » aux vertus fédératrices et à valeur de dernier test, la Team va partir en randonnée en raquettes à 5000 mètres d’altitude dans quelques jours. Une préparation physique collective avant d’affronter les conditions dantesques de l’Amérique du Sud, mais encore une fois une ultime façon de resserrer les liens.

Cette envie partagée de bien faire est un leitmotiv au quotidien lors de la course. Si David est au premier plan, c’est aussi lui qui encaisse le plus mentalement durant les heures passées en solitaire sur sa moto. Mais lorsqu’il commence à gamberger, il pense toujours à ceux « qui le poussent vers le haut  ». Peu importe leur rôle, « de celui qui installe les bâches ou distribue les autocollants, à celui qui répare jusqu’au bout de la nuit ma moto  ». Un message relayé par Alex, son mécano: « il sait qu’il peut compter sur nous dans les moments de doute  ».

*Institut de Formation Automobile de Nice

Thomas MICHEL