Un tramway nommé discorde

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Les revendications fusent au Forum d’urbanisme et d’architecture de Nice. Depuis hier, et jusqu’au 20 janvier prochain, les Niçois sont appelés à se prononcer sur le projet de la ligne de tramway Ouest-est. Entre la solitude du quartier Riquier et les expropriations, le tramway fait sa route. Les doigts glissent sur l’écran. Arrêt de tramway « Alsace Lorraine ». Gros plan. Un passant remonte l’escalator pour sortir de la station souterraine. Face à lui, un jardin aménagé. Devant l’écran interactif, tout droit sorti de Minority Report, Mireille est émerveillée. « On a vu notre immeuble. C’est comme si on avait pris le tram ! » s’exclame t-elle. Ce mardi matin, le forum d’urbanisme et d’architecture de Nice accueille le public à venir découvrir le projet de la ligne de tramway Ouest/Est.

Incompréhension sur les expropriations

Au milieu des curieux, certains sont là pour exprimer leurs revendications. « J’ai reçu une lettre d’expropriation. Je ne comprends pas pourquoi je dois quitter mon appartement alors que le tram va passer sous terre entre le port et Grosso» s’énerve Bernard. En effet, 384 lettres d’expropriations ont été envoyées par Nice Côte d’Azur, en charge du projet. Mais seulement quatre sont réelles. «  Ces expropriations ne concernent en fait que le tréfonds. Tout ce qui est sous le sol d’un immeuble appartient au propriétaire» détaille Denis Solal, un des cinq commissaires-enquêteurs. « On est là pour rassurer les Niçois. » D’autres, comme les habitants de la rue Victor Hugo, craignent que les travaux fragilisent les fondations de leur immeuble. Et causent une infiltration du sous-sol.

Le quartier Riquier se sent abandonné

Lundi, pour le premier jour de cette enquête publique, 120 riverains se sont déplacés. Pour parler des expropriations, mais pas que. Le quartier Riquier ne sera pas desservit par la ligne 2 du tramway. Au grand regret d’Hervé, un habitant : « Le port sera le terminus alors qu’ils avaient initialement prévu de desservir la gare Riquier. Les lobbys ont eu raison du trajet. » Loin d’être stérile, cette concertation est l’occasion de prendre en compte l’avis de la population.

« En fonction des conclusions de cette enquête, le préfet donnera son feu vert » explique Léonard Lombardo, le Président de la compagnie des commissaires-enquêteurs des Alpes-Maritimes. D’ici là et jusqu’au 20 janvier, les Niçois peuvent continuer de déposer lettres et autres réclamations dans les deux autres centres de Garibaldi et d’Arénas. En attendant, Mireille et son mari continuent de découvrir le futur tracé de la ligne 2. Du bout des doigts.

Sandra Cazenave & Pierre Peyret