Un système scolaire en perte de vitesse

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L’OCDE a publié mardi son rapport PISA, qui compare les systèmes éducatifs de 65 pays. Il souligne les lacunes du système français. Des lacunes ressenties aussi à Nice.

Et deux places de moins. Trois ans après le dernier classement PISA de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développements Economiques), la France est passée de la 23ème à la 25ème place. Le rapport, publié tous les trois ans, compare le système éducatif de 65 pays. 510 000 élèves de 15 ans ont passé le test cette année. Des élèves choisis au hasard par les lycées. « J’ai passé des épreuves écrites pendant quatre heures », raconte Omar, choisi par le lycée Masséna, à Nice, en 2009. Et cette année, le bulletin de note de la France est toujours aussi décevant. En cause notamment, les inégalités entre les élèves. Elles s’accroissent d’année en année. « Les inégalités sont indéniables. Il faut lutter contre elles ; c’est notre cheval de bataille », indique Laurent Andrieux, secrétaire Général de la FCPE 06 (Fédération des Conseils de Parents d’Elèves). Autre point mis en avant dans le rapport, l’écart entre les élèves les plus performants et les moins performants. En France, cet écart est de 256 points, contre 239 en moyenne dans les pays de l’OCDE. Selon cette enquête, l’origine sociale expliquerait ces différences. « Elles jouent un grand rôle dans ces inégalités. L’intelligence existe chez chaque individu, mais tout le monde n’a pas la même manière de la cultiver », explique Jean-Pierre Cagna, Président de l’Association des parents d’élèves du lycée Paul Augier, à Nice. « Un élève issu d’un environnement social favorable va avoir plus de chances de réussir, c’est évident».

« Apporter des solutions durables »

Du côté des professeurs, même constat. «L’origine sociale détermine en partie l’avenir des élèves. Mais elle n’est pas le seul facteur », souligne Eric, professeur de sciences depuis 37 ans au lycée Masséna. Les enseignants déplorent une dégradation du système et des conditions de travail. « Nous n’avons pas de conditions optimales. Nous manquons de matériels informatiques par exemple. Il n’est pas étonnant de voir une grande hétérogénéité dans les classes », s’insurge Dina Allouche, professeur de mathématiques au lycée Calmette, à Nice. S’ils affirment que la situation est loin d’être alarmante, les professeurs reconnaissent qu’il faut se poser des questions. « Nous devons analyser les problèmes évoqués pour apporter des solutions durables », déclare Eric. Parmi celles envisageables, la réduction du nombre d’élèves par classe. « Il sont 35 et c’est beaucoup trop. Il faudrait nous permettre de nous adapter à chaque élève, même si c’est utopique…», indique Dina Allouche. Autre proposition, une meilleure collaboration entre parents et professeurs. « Les enseignants doivent accepter une coopération avec les parents. Les résultats du rapport doivent servir de base pour réformer efficacement le système scolaire », explique Laurent Andrieux. « Il faut avant tout prendre conscience de nos lacunes. Sans quoi, la situation n’évoluera pas »…

Sarah Aboutaqi et Mariètou N’Diaye