Un outsider dans le vent

0
211

Fleuron du Cavigal Nice Basket 06, l’équipe première réalise un parcours en championnat conforme à ses ambitions de début de saison. La fin des phases allers imminente, les filles pointent seules à la 6e place, à l’affut des places qualificatives pour les play-offs.« On est en plein dans nos objectifs ». Malgré la courte défaite samedi dernier chez les leaders lyonnaises (64-63), l’ailière Elodie Decker garde le sourire. Un revers frustrant qui place le Cavi à la sixième place du championnat, mais toujours au contact de la quatrième place qualificative pour les play-offs.

Une place qui satisfait amplement l’entraineur Olga Tarasenko, même si elle exhorte ses protégées à en vouloir toujours plus, « c’est très bien, mais maintenant il faut aller chercher plus loin! ». Et ces derniers temps le message passe plutôt bien. Le début de saison délicat, perturbé par les blessures et autres arrivées, semble oublié. « On commence vraiment à se trouver après des difficultés dans la préparation » confie ainsi Stéphanie Dubois, capitaine de l’équipe.

Les filles ont prouvé leur force morale en raccrochant le wagon de tête. Le déclic, une large victoire (+23) face aux dauphines limousines il y a deux semaines. Une gain de confiance considérable dont Elodie Decker tire des conséquences prometteuses: « on est à notre place, on joue dans la même cour que les équipes de tête, nous les jouons à armes égales maintenant ».

« Notre défense, c’est notre source première »

Si la perspective de participer aux play-offs en mai prochain revient en ligne de mire, c’est avant tout grâce à la solidité défensive de l’équipe. Ce groupe « mature et talentueux » puise sa force dans sa cohésion sur et en dehors des parquets. « Si la vie courante ne chargeait pas chacune de ses propres préoccupations, je nous verrais bien installer nos matelas sur le parquet! On est très complice! » plaisante Jeanne Senghor-Sy.

L’agressivité perpétuelle aux abords de l’arceau met en lumière cette solidarité. Actuellement le Cavigal est l’une des meilleures équipes défensivement. Une défense tout terrain à l’efficacité redoutable. Parmi ses points forts, le taux d’interception (2e meilleur de la Ligue), base d’une contre-attaque tonitruante. A l’instar de Fabienne Constant, encore auteur de 25 points face à Lyon, et soutenue par l’une des meilleures rebondeuses de la Ligue, Jeanne Senghor-Sy.

La défense comme véritable moteur selon la capitaine, « notre défense c’est notre source première, ce qui fait qu’on avance, que le collectif marche ». Toutefois Olga Tarasenko tient à tempérer les ardeurs et la hargne de ses joueuses. « Notre défense combinée s’adapte de mieux en mieux aux adversaires, y compris les gros, mais notre agressivité nous coute des points à l’extérieur. » Deuxième équipe la plus fautive de la Ligue, Nice « fait peur à ses adversaires » mais aussi aux arbitres, déroulant un tapis rouge aux équipes adroites aux lancers-francs.

« Encore trop de lacunes »

Si le cinq niçois excelle dans le vol de ballons, il est aussi celui qui en perd le plus dans le groupe de tête. Un obstacle colossal dans la course aux play-offs, dû selon la coach « à un manque de concentration ». Des absences dont résultent un manque d’application dans la distribution, ouvrant des brèches considérables aux adversaires.

La liste des choses perfectibles ne s’arrête pas là. « Nous avons encore trop de lacunes » reconnaît Olga. Autre secteur prioritaire, l’adresse, quelle soit à deux ou à trois points. Mais surtout les filles ne sont pas assez  »roublardes ». En dépit de leur expérience, elles ne provoquent pas assez de fautes. Il faut qu’elles s’inscrivent moins dans le défi physique, qu’elles soient plus subtiles.

Dimanche, Nice en saura encore un peu plus sur ses capacités en accueillant Reims. Les Champennoises, rugueuses et appliquées, trustent les hauteurs des tableaux de statistiques. Une opposition de style entre l’équipe la plus solide dans l’utilisation du ballon et l’une des plus instables (Nice). Mais ce choc arrive à point nommé puisque la préparation physique a été faite « pour arriver au pic de forme en milieu de championnat ». Les filles en sont sures, il y a un coup à jouer dans ce championnat serré. « Tout le monde peut battre tout le monde, à part quelques équipes de bas de tableau » assure ainsi Stéphanie Dubois.

Thomas MICHEL