Un indice UEFA en berne

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Malgré la qualification de Marseille, le football français risque toujours de perdre son cinquième rang à l’indice UEFA au profit du Portugal. Les Lusitaniens peuvent toujours compter sur Benfica en Ligue des champions et le Sporting en Ligue Europa pour lui passer devant. La France a peur ! Nous croulons sous la dette, le chômage explose et le triple A s’est fait la malle. Mais il y a pire encore : nous pourrions perdre notre cinquième place à l’indice UEFA. Au bénéfice du Portugal, performant sur la scène européenne lors des cinq derniers exercices, y compris celui en cours. Car si Lyon s’est fait sortir par les Chypriotes de l’APOEL Nicosie, Benfica a brillamment rejoint les quarts de finale de la Ligue des Champions. Sans oublier qu’en Europa Ligue, le Sporting, vainqueur de Manchester City en huitièmes de finale aller (1-0), n’a pas abdiqué. Désormais, seul Marseille peut encore sauver la France en nous évitant de nous faire doubler : verdict dans les prochaines semaines. A écouter tous les observateurs, ce serait une catastrophe nationale. Pourtant, il n’y a pas à crier au loup tout de suite. Durant l’été 2013, le troisième de Ligue 1devrait disputer un tour supplémentaire avant d’accéder au barrage de la Ligue des Champions. Si cela avait été le cas en début de saison, Lyon aurait pu affronter Zestafoni (Géorgie), Ekranas (Lituanie), Litex (Bulgarie) ou … l’APOEL Nicosie. Tous sauf des cadors.

La France perdrait une place… et alors ?

Alors, faut-il vraiment s’émouvoir ? La réponse est clairement non. Pas au mieux en championnat, l’OM ou l’OL s’accomoderaient sans doute de jouer deux matches estivaux supplémentaires. Certes, deux rencontres, dont une peut-être à l’autre bout du continent en pleine période de transferts et de travail foncier, ce n’est pas un cadeau. Mais le troisième de la L1 doit pouvoir franchir l’obstacle. Benfica l’a bien fait cette saison. Cette situation relance le débat sur l’investissement des clubs français en Coupes d’Europe et notamment en Europa Ligue. Guy Roux, qui a qualifié à maintes reprises Auxerre dans diverses compétitions européennes exprime son ras-le-bol :  » Michel Hidalgo, Directeur Technique National à l’époque, nous avait dit que la Coupe d’Europe était une épreuve pour la France. Il n’était jamais question de faire du turnover comme aujourd’hui. Les trois Coupes étaient sacrées  ». Il ajoute :  » Actuellement, la mentalité est mauvaise. C’est même une stupidité sans nom : les clubs se battent pour disputer une Coupe d’Europe et quand ils sont qualifiés, ils ne jouent pas le jeu à fond. Ils se concentrent seulement sur le championnat pour accéder de nouveau à l’Europe. C’est d’une bêtise ! Je ne veux pas dénoncer les fautifs mais il y en a beaucoup et des très grands. Comment expliquez-vous que le meilleur club actuel (PSG) ne soit même pas sorti de sa poule (3 victoires, 1 nul, deux défaites ) ?  » Il termine par un avertissement :  » Nous sommes sur le chemin de sanctions beaucoup plus sévères. Si les mentalités ne changent pas, nous perdrons à moyen terme une autre place à l’indice UEFA. Ainsi que notre troisième place qualificative pour la C1  ».

Florent Gazeau