Un café… s’il vous plait !

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« Un café : 7 euros. Bonjour, un café s’il vous plait : 1.40 ».  Une simple blague d’un commerçant qui relance un débat de société : la politesse.

Hier, un journaliste de Nice-Matin se retrouve au restaurant La Petite Syrah, rue Cassini. Sur le mur, il lit cette fameuse formule qu’il décide de tweeter.  Ce qui était à l’origine une plaisanterie prend un tout autre relief dans une société en crise. Pourtant, le gérant annonce que « cela fait des mois que ça traine sur le tableau ! » et ajoute qu’il ne voulait pas soulever un débat car « avec lui, la plupart du temps, les gens sont très polis ». Pour le restaurateur, « c’était pour rire, même si certains abusent des flatteries en pensant avoir leur consommation gratuite » .

Une image pourtant bien loin de la réalité pour Ludovic, buraliste du tabac Le Krome situé à une vingtaine de mètres plus haut sur la rue Cassini. Selon lui, la situation s’est nettement empiré depuis quelques années : «  Les gens sont de plus en plus agressifs et de moins en moins patients. Les insultes deviennent monnaie courante ». Une violence verbale devenue un combat quotidien. Parfois cette violence le conduit même à en venir aux mains. « Sortir des clients ça arrive, il n’ont aucun respect et vous tutoie. Les pires ce sont les jeunes de 15 à 30 ans ». Selon lui, le laxisme des jeunes, est de plus en plus présent dans une société qui cherche comment faire évoluer ses valeurs. Un changement inacceptable pour un métier de proximité affirme sa femme en colère. Ludovic s’est déjà retrouvé confronté à des situations de violences physiques : « la semaine dernière, c’est parti pour une histoire de monnaie. L’homme m’a tendu dix euros et attendait la monnaie sur vingt. Il m’a assuré m’avoir donné vingt euros mais de toute manière je le vois avec les caméras ! C’était très tendu parce que ses copains sont arrivés et j’ai eu beaucoup de difficultés à sortir les quatre hommes ».  Si la blague du café prête à sourire, la situation vécue par Ludovic traduit-elle la perte de ce que nos parents appellent « les bonnes manières » ?.

Mike El Malek et Louis-Guillaume Bouquet