TER : un retard peut en cacher un autre

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Sur l’ensemble des TER de PACA, plus d’un train sur quatre est en retard ou annulé. La région et la SNCF s’expliquent.

Dix minutes puis quinze, vingt, une heure, une heure trente, les retards s’accumulent. Aujourd’hui encore, les panneaux de la SNCF affichent rouge. « Même en partant en avance, je suis en retard au travail. Les problèmes de trains, mon patron n’y croit même plus », s’exaspère une usagère. « Je ne consulte même plus les horaires. Les trains ne passent jamais à l’heure prévue ». « Cela dépend des jours, c’est totalement aléatoire » réagissent d’autres. Sur le quai de la gare Riquier comme dans toute la région, les passagers sont résignés. Pour justifier ces dysfonctionnements, la compagnie ferroviaire met en cause un matériel vieillissant : « on a un réseau vétuste et on travaille actuellement pour le rénover ». En effet, la SNCF peine à assurer l’entretien de son parc matériel. La maintenance des trains est assurée à 90% à Marseille, au technicentre de la Blancarde qui atteint ses limites. Après un conflit syndical, la SNCF a eu gain de cause et a augmenté de 40 à 100 heures par semaine, la capacité de maintenance de ce centre. « Notre objectif est que tous les trains soient mis en circulation le 18 avril. Pour y parvenir, la maintenance continuera les week-ends et les nuits », explique Jean-Yves Petit, vice-président du Conseil régional.

Autre raison évoquée, les travaux effectués à proximité des voies de la région. « Les travaux ont atteint un volume historique en 2014. Le renforcement du tunnel de Monte-Carlo s’est terminé ce week-end après un travail de six mois. Récemment on a terminé la 3ème voie entre Cagnes-sur-Mer et Antibes, on construit actuellement une 3ème ligne entre Marseille et Aubagne. Mais il reste de nombreux travaux à effectuer pour moderniser et fluidifier le trafic », explique-t-on à la SNCF. Si la Région reconnaît que les travaux perturbent le trafic, pour elle, c’est le manque d’anticipation de la SNCF qui est la cause principale : « on paye 40 années de non investissement » assure Jean-Yves Petit. De nombreuses régions ont sanctionné la compagnie ferroviaire allant même jusqu’à geler les indemnités. Concernant PACA, le dialogue est privilégié. « On ne voulait pas d’une rupture mais plutôt un nouvel accord, insiste Jean-Yves Petit. La SNCF a déjà payé une forte pénalité pour éviter de revivre le cauchemar de l’année 2013. On a ensuite renégocié les coûts de pénalité pour que celles-ci deviennent dissuasives. Les échéances sont désormais trimestrielles et non plus annuelles. »

La SNCF semble avoir pris conscience de la situation et promet de faire le maximum pour pallier à ses dysfonctionnements. Encore quelques mois de calvaire avant que le trafic soit fluidifié…Peut-on l’espérer ?

Marion Burlot et Eole Toutain