Tennis – Un vent de renouveau souffle sur Alizé Cornet

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Alizé Cornet s’est qualifiée la nuit dernière pour le troisième tour de l’Open d’Australie. Elle est la dernière tricolore engagée dans le tournoi. Preuve que la Niçoise est bel et bien la chef de file du tennis féminin français.

Des larmes qui coulent sur les joues mais un immense soulagement. Menée 4-1 dans le dernier set, Alizé Cornet est finalement venue à bout de l’Italienne Camila Giorgi (6-3 4-6 6-4). Le tout après 2 h 36 d’efforts dans la fournaise de Melbourne. Même si un prochain tour très compliqué l’attend [lire par ailleurs], la protégée de Georges Goven a d’ores et déjà réussi son tournoi.

Avec les éliminations prématurées de Kristina Mladenovic, Caroline Garcia, Pauline Parmentier et Virgine Razzano, Alizé Cornet est déjà la dernière chance française dans le Grand Chelem australien. C’est désormais une habitude pour elle depuis le retrait de Marion Bartoli. « Elle a les épaules pour rester durablement la n°1 française. Alizé dispose d’une très bonne structure avec Goven, sa famille n’est jamais loin et c’est une fille qui ne prendra jamais la grosse tête », glisse Louis Miroux, président du Denain Tennis, le club actuel de la tenniswoman.

Des qualités physiques et « la niaque »

Après un début de carrière canon (11e mondiale à 19 ans), la Niçoise a connu un trou d’air entre 2009 et 2011 avec une dégringolade à la 89e place mondiale. Depuis, elle remonte progressivement la pente. Aujourd’hui, Alizé Cornet pointe à la 25e place du classement WTA et a parfaitement lancé sa saison 2014 en remportant la Hopman Cup avec Jo-Wilfried Tsonga. Réputée friable mentalement, la joueuse qui aura 24 ans dans quelques jours a énormément progressé dans ce domaine. Les matches accrochés comme celui de cette nuit, c’est souvent elle qui les remporte depuis plusieurs mois. « C’est phénoménal cette envie de gagner et la niaque qu’elle a maintenant », s’émerveille Louis Miroux. Même son de cloche du côté de son entraîneur lorsqu’elle jouait à Nice, Didier Frantz : « À 12 ans, elle avait déjà une belle force de caractère et énormément d’endurance. Elle a travaillé ces qualités là pour s’imposer sur le circuit à long terme. »

Et preuve du retour en force de l’Azuréenne, elle a disputé tous les 3e tours des quatre Grand Chelem depuis un an. Le problème, c’est que la tricolore a du mal à voir plus haut : elle a calé sept fois sur huit à ce stade de la compétition dans sa carrière. Lorsqu’Alizé Cornet passera régulièrement ce palier, de nouveaux objectifs s’ouvriront à elle, autres que celui de la première place nationale.

Thimoté GARCIN

Et maintenant Sharapova !

Après son match à rallonge contre Giorgi, Alizé Cornet devra vite récupérer. Au troisième tour, c’est la Russe Maria Sharapova qui est au programme. La chance de la Française : la n°3 mondiale a elle aussi disputé une rencontre homérique la nuit dernière en s’imposant 6-3 4-6 10-8 contre Karin Knapp en 3 h 28. « Tout est possible. Sharapova est en manque de repères après une blessure à l’épaule. En plus, avec les conditions extrêmes de Melbourne, c’est la loterie », analyse Didier Frantz, un de ses premiers entraîneurs.