Tapie, l’éternel ambitieux

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Énième retour au premier plan. Bernard Tapie va prendre possession de Nice Matin et La Provence pour une cinquantaine de millions d’euros. Portrait d’un accro à la popularité.

Le succès, l’affection. Bernard Tapie les a toujours recherchés. Tour à tour homme politique, dirigeant de club de football, acteur, homme d’affaires ou même chanteur, il a voulu être aimé. Si l’on voulait définir au mieux l’ambition, il faudrait parler de lui. Issu d’une famille modeste, on ne lui a pas donné grand-chose. Au lieu de choisir l’aigreur, Tapie a cru en ses rêves. Et il a gagné son pari.

Souvent touché, jamais coulé

Il voulait devenir pilote de voiture dans les années 1960 mais un accident grave l’a coupé dans son élan. Tant pis, Bernard Tapie a essayé d’être chanteur. Encore raté, il a donc créé un magasin de téléviseurs. Le début de la réussite, enfin. Une obstination à la hauteur de sa fierté. Son refus de l’échec a en fait conditionné sa vie. Si bien que son passage en prison à la fin des années 1990 va l’affaiblir. Même s’il n’y reste que six mois, il vit sa période derrière les barreaux comme un enfer. Lui, l’amoureux de la liberté, l’homme aux mille projets et aux mille talents. Mais la douleur est passagère, Bernard Tapie n’est pas de ceux qui fantasment éternellement. Il écrit des livres sur sa vie, dont certains commencés quand il était enfermé. Il anime une émission de radio sur RMC, il devient acteur au théâtre et à la télévision. Des défis à la pelle pour ne jamais douter et toujours briller.

Près des étoiles

Avant ses problèmes avec la justice, il y a eu la présidence de l’Olympique de Marseille. Sans doute la période la plus marquante de sa vie. Celle qui le conduira à l’extase quand l’OM remporte la Ligue des Champions en 1993. En pleurs sur la pelouse de Munich, il aura fait ce que personne n’imaginait. Repartir avec un club malade en 1986 pour le mener sept ans plus tard au sommet de l’Europe. Le sommet, ce qu’il a toujours visé. Tout en haut, mais toujours avec les gens. Le peuple, celui qu’il aime et veut séduire. Tapie est narcissique, mais il aime profondément les siens, sa famille, ses soutiens. Malgré ses sorties de route, il a toujours voulu partager. Grâce aux médias avec lesquels il joue depuis plus de trente ans. Peut-être pas un hasard s’il a décidé de passer à leur direction. Sûrement un ultime challenge pour boucler la boucle.

 

Baptiste Paquelier

Crédit photo :  Abaca Press