Tabassée par deux mères de familles

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Deux jeunes mères au foyer sont jugées en ce moment par le tribunal correctionnel. Elles sont accusées d’avoir violemment agressé une troisième, en mai dernier, devant une école de Las Planas.Un crêpage de chignons qui tourne au fait divers. C’est ce qui a conduit deux mères de familles devant le tribunal correctionnel de Nice, ce lundi. Les faits remontent au mois de mai. Les deux jeunes femmes (Mme J et Mme DP), irritées par l’attitude d’une troisième, Mme Messaid, se seraient livrées à un véritable déchainement de violence. Coups de poings, gifles, tirage de cheveux… C’est un déluge de coups qui s’est abattu sur Mme Messaid, sous les yeux de son fils de 8 ans qu’elle venait chercher, devant son école du quartier de Las Planas. La lecture par la présidente, des conclusions du médecin légiste pourrait laisser croire que la malheureuse est passée sous une mêlée de rugby : Traumatisme cranien sans perte de connaissance, traumatisme rachidien, hématome sur l’épaule… Une ITT de trois jours lui a même été accordé. On a peine à croire que les deux petits bouts de femmes qui se tiennent à la barre se soient ainsi transformées en bourreaux. Les deux prévenues reconnaissent les faits, sans les regretter : « il y a trop longtemps qu’elle et son mari nous pourrissaient la vie. Elle n’a eu que ce qu’elle méritait ».

Des menaces de mort

Le contentieux entre les trois familles est, semble-t-il, assez ancien. Intimidations et menaces rythmaient la vie du trio et la situation était explosive. « Ce jour là, elle m’a menacé de mort. Elle m’a dit qu’elle allait m’envoyer son mari. Alors j’ai paniqué et je l’ai frappé ». Mme DP, l’auteur de la majorité des coups, justifie le passage à l’acte par la légitime défense. Et, il est vrai qu’elle avait de quoi craindre. Quelques mois auparavant, son compagnon avait été agressé par ce mari violent. Bilan : nez et pommettes fracturées.

Un vice de procédure

Cette affaire anecdotique est matière à querelles d’experts et l’avocat de l’une des prévenues, Me Kassouls n’a eu de cesse d’essayer de faire annuler la procédure pour un vice de forme. En effet l’officier de police qui a enregistré la déposition des prévenues n’a pas jugé utile de signer le procès verbal. « Un oubli sans importance » pour la présidente. Un vice de procédure grave pour l’avocat qui menace d’utiliser cette jurisprudence à l’avenir.

Un stage de citoyenneté

Avocat de la partie civile et parquet s’accordent pour déplorer l’absence de regrets et de sentiment de culpabilité des deux mères au foyer. Mais, là ou Me Verrier réclame 6 000 euros de dommages et intérêts pour sa cliente, le jeune procureur requiert un simple stage de citoyenneté pour lequel les prévenues ont d’ores et déjà donné leur accord. Selon M. Pic, cette peine est la mieux adaptée car elle permettrait l’apaisement et aurait une valeur éducative. Le jugement a été mis en délibéré au 13 décembre.

Grégory PARIGI