Stagiaire : le café ou la carrière ?

0
309

Aujourd’hui à Nice, le salon « Tremplin Stage » réunit entrepreneurs et futurs stagiaires au sein du Campus Saint Jean d’Angely. Zoom sur ces étudiants qui galèrent et sur ces patrons parfois mauvais joueurs.

Un tuteur de stage qui manque de tact, des stagiaires isolés, des missions ambiguës… Le stage, passerelle de l’expérience, peut vite se transformer en pente glissante. Respect, politesse, compétence et patience sont de mises mais attention à ne pas jouer le jeu du stagiaire « bon à tout ».

Delphine, 23 ans, étudiante en Master RH à l’Université de Nice a fait la « mauvaise rencontre ». En novembre elle quitte la région et fait ses valises pour rejoindre la capitale où elle espère décrocher « LE » stage. Embauchée comme stagiaire en communication par une société de e-commerce, la jeune femme va très vite déchanter. Chez DMC Mode et accessoires, elle est « débordée » et « touche à tout ». Elle crée des logos, gère la logistique, s’occupe du service après-vente et « remplace même une employée partie en congés maternité ». De 9 h à 20 h, elle enchaîne les tâches et « n’ose pas demander une pause ». Lorsqu’il lui prend l’envie de « dialoguer » avec Franck son tuteur, ce dernier lui demande « plus de présence » pour le rush de Noël. « 100 euros voilà ce que j’ai perçu » s’indigne-t-elle.

« On ne le vit pas, pas chez nous ! »

Dans cette longue route vers l’avenir, il y a le stagiaire installé sur un siège éjectable et l’entrepreneur aux commandes. A la Caisse d’Epargne, principal partenaire du « Tremplin stage », on recrute 180 stagiaires par an. Bernard Dodi, chargé du partenariat est fier de cette démarche mais semble gêné d’évoquer d’éventuels problèmes d’entente entre stagiaire et tuteur. La banque écureuil fait tout pour véhiculer une image positive auprès de « ces premiers clients » (200 000 jeunes de moins de 26 ans en région PACA). Bernard Dodi est confiant : « on ne le vit pas », « pas chez nous ». Les entrepreneurs nient et rejettent parfois la faute sur le stagiaire : « ils s’attendent à des tâches de PDG » raille Manon Salletoze, représentante d’ ANDRH (Association nationale des DRH). Elle surenchérit : « il ne faut pas se braquer quand on demande des photocopies ou un café, il faut s’adapter »

Que le stagiaire se rassure, il reste des expériences positives même concluantes. Michael Gonzales et Tristan Barrault , stagiaires au service RH de Nice-Matin « se font leurs cafés et photocopies ». Tous deux en Master Gestion des entreprises se sentent « libres » dans leur terre d’accueil et se sont vu proposé une « collaboration » qu’ils signeront probablement à la fin de leur convention.

 Issam CHARHI et Anthony GALLIZIA