Sophie Marceau renoue avec la scène

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Sophie Marceau revient sur les planches après dix-huit ans d’absence. Elle incarne Viktoria dans « Une histoire d’âme », jusqu’au 7 décembre au Théâtre National de Nice. Téméraire, elle se lance avec un texte inédit de Bergman et un metteur en scène inconnu, Bénédicte Acolas. Un monologue d’une heure trente où Viktoria joue et rejoue sa vie sur scène. Pieds nus, simplement vêtue d’une nuisette de soie, Viktoria entre en scène. Elle se faufile, d’une démarche enfantine, entre des panneaux translucides. Un mal de tête l’oppresse. Trop plein d’alcool ou de pensées ? Le début de la pièce laisse les spectateurs perplexes. « Viktoria est dans sa tête » souligne Sophie Marceau, « à travers cette conversation à voix haute, elle évoque sa vie, ses rencontres. » Parents étranges, époux infidèle, faux amis, putains… Chacun tient son rôle dans la représentation. Et pourtant, l’actrice est seule face au public. « J’ai l’impression d’être une poupée Russe » détaille-t-elle, « je suis une comédienne, qui joue une comédienne, qui elle-même joue à être chanteuse… » Un concept déroutant que l’auteur, Ingmar Bergman, rêvait d’adapter. « Il n’avait trouvé ni les financements, ni la comédienne » explique Bénédicte Acolas, metteur en scène. « En 2006, avant sa mort, je lui ai présenté mon projet. La fondation Bergman m’a alors accordé, avec toute sa confiance, les droits de représentation. »

« C’est fascinant d’être quelqu’un d’autre »

Le texte n’a pas de code, pas de logique pure. « Chacun le comprend comme il le ressent » précise Sophie Marceau, « peut-être que Viktoria fantasme ou peut-être bien que ces personnages sont réels. Au final, ce qui compte, c’est qu’il s’agit de sa vie, qu’elle soit rêvée ou non ! » Quelques grammes d’ironie, une bonne dose de pure folie et un zeste de larmes, la recette fait mouche. « Les représentations étaient complètes quelques heures après l’ouverture de la billetterie » indique le Théâtre National de Nice, « Sophie Marceau est l’actrice préférée des Français et les Niçois se précipitent pour la voir en chair et en os ! » Son secret ? Une réelle empathie. Elle explore la nature humaine et s’immisce en chacun, comme un être invisible. « Ce que j’aime chez Sophie Marceau, c’est sa capacité à devenir une autre » explique Gérard, spectateur « tantôt femme fatale, tantôt femme-enfant, elle se montre sous de multiples visages et le fait avec brio ! » Une interprétation qui sied parfaitement à l’ex James Bond girl. « La vie nous oblige à jouer un personnage parce qu’on a un rôle défini dans la société, mais chacun a différentes facettes en soi. »

Coralie Bouisset et Axel Ménard