Solitude : physiques ou morales, les conséquences sont nombreuses

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©LN Prospectus distribués à l’ADMR, 1er réseau français des services à la personne.

En janvier 2018, Theresa May nommait Tracey Crouch en tant que toute première ministre de la solitude en Grande Bretagne. Elle souhaite instaurer des mesures pour remédier en priorité à l’isolement des personnes âgées qui pour beaucoup n’ont personne à qui parler. Jean-François Serres, référent national pour Monalisa*, estime que : « 10% de la population souffre d’isolement social en France. »

« À force d’être seuls du matin au soir, les personnes âgées n’ont plus la notion du temps, leur seul ancrage c’est la télévision » explique Véronique Angenouste, conseillère à l’ADMR, réseau de service à la personne. Elle raconte qu’une réelle différence est visible entre des patients seuls et ceux dont la famille ou les amis viennent les voir régulièrement : « ceux qui sont isolés ont vraiment du mal à aller à l’extérieur. Même les sortir pour leur rendez-vous médicaux c’est toute une histoire. Il y a une désociabilisation totale. En plus de ne plus vouloir de contact avec les autres, il y a également une perte de motricité. » La conseillère est claire, une fois qu’une personne est entrée dans l’isolement social, il est très difficile de l’en faire sortir. Assise à son bureau, Cindy Bicini, assistante technique à l’ADMR est du même avis. Cette dernière effectue des visites régulières chez les personnes âgées et constate que la perte d’appétit est la première conséquence chez les solitaires. « Ils ne veulent plus manger, parfois plus boire. Ils n’ont plus envie de rien, ils ont la sensation d’être abandonnés et quand ils refusent de s’alimenter, c’est généralement le début de la dépression… »

Tristesse, perte des capacités cognitives… les premiers signes du « syndrome de glissement »

« Il arrive que certains de nos patients dont la famille vient rarement s’isolent. On sent qu’ils n’ont plus l’envie. Il s’en suit une grande vague de tristesse, perte des capacités physiques et cognitives. » Anne Malpertuy, directrice du « Foyer des Lucioles » une maison de retraite à Nice détaille les premiers signes de ce que l’on appelle « le syndrome de glissement. » Ce dernier serait la première conséquence de la solitude chez les personnes âgées d’après la quinquagénaire. La directrice prévient qu’il arrive que des personnes se sentent seules alors qu’elles sont pourtant entourées. À la maison de retraite par exemple, les patients sont rarement isolés mais le sentiment de solitude peut quand même être présent. « Ce qu’il faut c’est les mettre au centre des préoccupations, leur montrer qu’on s’intéresse à eux, qu’on leur parle de notre journée et qu’on leur demande des informations sur la leur. Le partage est nécessaire pour qu’ils se sentent importants. » la directrice poursuit en expliquant que le même schéma peut se produire dans les familles : « il arrive qu’on rende visite à nos anciens mais qu’on ne leur parle pas vraiment. On s’adresse à d’autres membres de la famille ou simplement on ne leur donne pas la parole. » Anne Malpertuy confie qu’une fois le syndrome de glissement présent il est compliqué d’entamer un processus de guérison. En revanche, essayer de l’éviter en amont est primordial : « il faut les aider à faire leur toilette, les habiller pour qu’ils aient envie de sortir, de se montrer aux autres… »

*Association qui lutte contre l’isolement des personnes âgées

Léa Nicosia


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