SIDA : le défi de la prévention chez les jeunes

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Slogans imaginés par des lycéens lors d'une campagne de prévention.

A moins d’une semaine de la journée mondiale contre le SIDA, la ville de Nice tire la sonnette d’alarme sur le manque de prévention chez les adolescents.

Les jeunes Azuréens n’ont jamais été aussi contaminés. Alors que le nombre de séropositifs stagne au niveau national, les chiffres ne cessent d’augmenter dans le Sud-Est. Foyer historique de la maladie, la région PACA est la plus touchée dans l’hexagone. Chaque année, la région recense en moyenne 250 nouveaux cas dont près de la moitié dans les Alpes-Maritimes. A eux seuls, les jeunes représentent plus d’un quart des nouveaux contaminés. A partir de là, ils deviennent une cible prioritaire pour les acteurs de la prévention. Pour plus d’efficacité, les organismes de lutte contre le sida tentent si bien que mal de s’adapter. Ils proposent des campagnes plus ludiques, et surtout plus accessibles aux jeunes. Concours de slogans distribution de préservatifs et interventions au sein de l’établissement scolaire « tous les moyens sont bons pour faire passer le message » déclare Karine, du Centre Régional d’Information et de Prévention du Sida (CRIPS). La prévention ne se limite pas à aux simples connaissances personnelles, c’est avant tout une éducation sexuelle. « Il faut prendre aussi en compte les préoccupations des jeunes et lutter contre les idées reçues. A cet âge, ils pensent tout savoir sur tout» ajoute Karine, en pointant du doigt internet.

Les lycées : mauvais élèves

Si, en théorie, la prévention est obligatoire depuis 2001, dans la pratique, elle reste marginalisée. La loi du 4 juillet impose un minimum de trois séances annuelles d’information et d’éducation par les collèges et les lycées. Au final, on est loin du compte. Marie-Thérese, infirmière au centre de dépistage de Nice, constate de vraies disparités d’un établissement à l’autre. « Si certains lycées jouent le jeu, d’autres sont à la traîne. Par manque de moyens ou d’implication, je ne sais pas, mais dans certains établissements la prévention est nulle ». La proximité joue également un rôle essentiel dans la lutte contre le VIH. « Les jeunes qui viennent sont généralement du quartier, les autres ne savent probablement même pas qu’on existe », ajoute-elle. Pour cause, dans les Alpes-Maritimes, il n’existe que cinq centres de dépistage gratuit et un seul pôle d’information. Le manque de structures dans le département est réel. Un sujet qui sera sans doute abordé au cours du Forum du SIDA prévu ce mardi soir au siège du quotidien Nice-Matin…

Stéphanie Houry et Elodie Peyrano

Crédit photo: Elodie Peyrano