Serveurs, avec ou sans mérite ?

0
288
Medhi, en plein service dans une brasserie niçoise très fréquentée
Medhi, en plein service dans une brasserie niçoise très fréquentée (Crédit: C.QUAREZ/EDJ)

L’idée de rémunération des serveurs au mérite fait son chemin et devrait prochainement être examinée par le Gouvernement. À Nice, les serveurs et les patrons sont loin d’être enthousiastes

Pièces, billets… Combien devrez-vous laisser en pourboire ? Une partie de la rémunération des serveurs pourrait bientôt dépendre de leur engouement à être serviable. L’idée effraie les concernés. Pourtant l’objectif est clair : revaloriser la carrière de serveur et encourager le personnel à être plus accueillant. À la manière du ‘‘tip’’ américain, le client jouerait le rôle de juge. Plus le serveur est agréable et consciencieux, plus le pourboire sera élevé. Mais l’idée ne semble-t-elle pas pour autant utopique ? Crise économique, des ménages, baisse du pouvoir d’achat… les  clients risquent d’être moins généreux. « J’ai peur qu’on soit obligés de payer encore un peu plus nos repas» raconte Jean-Yves à la terrasse d’un café. Cette nouveauté, qui ne fait pas partie de la culture française, pourrait avoir du mal à s’appliquer.

Certains serveurs à l’exemple de Medhi, sont inquiets concernant leur avenir «c’est impossible de payer les serveurs au mérite. Tout va mal ici, les gens n’ont plus de sous».

Une prime d’intéressement

En plus de leur salaire fixe minimum et des pourboires, les salariés bénéficieraient également d’une prime d’intéressement. Il s’agit d’un pourcentage sur les bénéfices supplémentaires que réalise leur café ou restaurant. « On n’est pas parti pour aller vers le haut. Il faut que les prix des repas augmentent… tout doit suivre. Je ne peux pas licencier j’ai besoin de mes employé » Confie Géraldine gérante d’une brasserie très fréquentée. Pour d’autres restaurateurs, comme Jean, c’est un  véritable coup de massue « je ne comprends pas… Il est où l’intérêt dans tout ça ? On nous tire vers le bas !» Avec la hausse de la TVA de 7 à 10% prévu en 2014, les restaurateurs risquent de manifester dans les rues.

Roland Héguy, patron de l’UMIH (Union des métiers de l’industrie hôtelière) exprimait hier au micro d’Europe 1 qu’il n’était pas question de discuter de montant pour le moment. De son côté Pierre Moscovici, Ministre de l’économie a fait part de sa crainte concernant le secteur « la restauration ne doit pas devenir un précariat généralisé ». Reste à savoir ce que le Gouvernement envisagera.

Christopher QUAREZ/ Nelly DAUBORD