Semaine de l’astronomie : portes ouvertes vers les étoiles

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L’astrophysicien Frédéric Thévenin explique les fonctions du télescope aux visiteurs. (Photo : M.B. / G.G.)

L’Observatoire de Nice a ouvert ses portes au grand public hier, à l’occasion de la semaine de l’astronomie. Voyage au cœur d’une institution du ciel.

L’astrophysicien Frédéric Thévenin explique les fonctions du télescope aux visiteurs. (Photo : M.B. / G.G.)

Il est 9 h 45 sur le cadran solaire. Mais les montres affichent 11 h 15. « Il y a 3 paramètres permettant de passer de l’heure solaire à celle de la montre », explique Frédéric Thévenin, l’un des soixante-dix astrophysiciens travaillant sur ce site, aux quarante curieux de l’histoire de l’Observatoire de Nice. C’est sur la crête du Mont-Gros, en 1881, qu’a été fondée cette structure colossale de 35 hectares. « L’architecte en a été Charles Garnier et Gustave Eiffel a été le concepteur et constructeur de la coupole flottante de 24 mètres de diamètre ».

Trônant au-dessus de la ville, cette grande coupole blanche abrite la quatrième plus grande lunette jamais construite. « A sa création, cette lunette était à la pointe de la technologie », indique Frédéric Thévenin. Aujourd’hui les scientifiques niçois du CNRS mènent leurs recherches dans les domaines de la planétologie, la cosmologie, la physique stellaire et l’instrumentation. Ils utilisent alors les instruments installés dans la cordillière des Andes pour la qualité de son ciel.

L’urbanisation : barrière à l’astronomie

A 372 mètres d’altitude, les chercheurs surplombent la ville. Un fin nuage noir apparaît à l’horizon. « Vous voyez cette pollution, elle tue l’astronomie ! Mettez-vous sous un lampadaire, puis essayez de regarder les étoiles. Vous verrez, c’est impossible », illustre Geneviève Georget, membre de l’équipe d’ingénieurs. Pour purifier leur espace de recherche, les scientifiques mènent des actions à l’échelle internationale : « On propose, par exemple, d’installer dans la ville des lampadaires qui éclaireraient vers le bas. Ce système permettrait de ne pas être gêné par le surplus de luminosité ». Pour des raisons d’abord professionnelles, les convictions écologiques tiennent à cœur aux chercheurs de l’Observatoire. Ce centre est d’ailleurs répertorié comme site protégé. « C’est un patrimoine précieux pour nous. Ici, il est interdit de fumer, de ramasser des fleurs et la circulation en voiture est juste tolérée », commente Geneviève Georget.

Nous quittons ce site d’exception à la fois inscrit aux monuments historiques. Il est 11 h 30 sur le cadran solaire, 13 h sur les montres. L’heure pour le personnel de passer à table au restaurant de l’Observatoire. Clin d’œil de Frédéric Thévenin : « C’est souvent à cette heure-ci, lorsque tout le monde est détendu, qu’on fait les plus belles découvertes ».

Maxime BECMEUR & Gaëtan GUILAINE