Se faire dépanner des cigarettes tard dans la nuit à Nice ? C’est bientôt possible !

0
3741
Joanna Luzignant sur la place Massena faisant la promotion de l’application Ciggy - CP : Instagram

Vous n’avez plus de clopes et les bureaux de tabac sont fermés ? Trois jeunes Niçois ont trouvé la solution pour vous éviter d’être en manque de nicotine.

Quel fumeur n’a jamais rêvé de se faire dépanner à domicile lorsque tous les buralistes sont fermés ?
Grâce à ces trois Niçois, Kevin Guez (24 ans) , Nicolas Zantour (23 ans) et Walid Shaita (23 ans) , c’est bientôt faisable. Ils sont à l’origine d’une application nommée « Ciggy » (expression anglaise signifiant cigarette NDLR). Ce nouveau système d’ubérisation est ouvert tous les jours de la semaine dès 19h, et ce, jusqu’à 6h du matin. Sur ce support, vous pouvez être soit client ou dépanneur. Si vous êtes consommateur, vous serez limité à un paquet de cigarettes, monnayant 11,69 euros. Si vous êtes dépanneur, vous gagnez 3 euros 50. En plus de cela, le paquet que vous avez dépanné à un client est remboursé. Cette plateforme vous géolocalise, ce qui permet de savoir si une personne à des cigarettes à proximité. Le dépannage peut être effectué par n’importe quel moyen (à pied, à vélo, en voiture.)

Pour Kevin Guez, Ciggy est bien plus qu’une simple occupation : « je trouvais le concept vraiment cool. Je savais que personne ne se lancerait dans un projet aussi risqué. J’avais besoin d’aventure , d’une expérience professionnelle différente, donc je me suis lancé dans cette aventure avec mes amis.» Il poursuit « le fait de savoir que c’est une innovation pour la ville de Nice, ça fait plaisir de savoir qu’on est les seuls et qu’on puisse faire parler de notre ville. »
Á côté de lui, son ami d’enfance Nicolas Zantour explique pourquoi il a voulu lancer Ciggy : « J’aime créer, ce n’est pas mon premier projet et c’est loin d’être le dernier. Je vois ma vie pleine de création. Le besoin est au coeur de la vie de beaucoup d’entre nous.» Ce dernier insiste cependant sur un point important : « Nous ne faisons pas de la vente de clope car ceci est illégal. On fait juste du dépannage. On a commencé à l’expérimenter avec des potes.» Pour l’instant, seule une poignée de privilégiés ont accès à la version bêta (version test NDLR).
« Ciggy » n’est pas encore accessible au grand public mais de nombreux moyens ont déjà été mis en place avec notamment la création d’un compte Facebook atteignant les 109 likes. Un compte Twitter est aussi disponible. Sur Instagram, de nombreuses photos mettant en scène des jeunes distribuant des paquets dans des façons toutes différentes les unes des autres : sur un skate, dans un lit ou encore sur la place Massena. Le compte frôle les 600 abonnés. Pour Anissa Belleudy, étudiante en biologie qui teste l’application depuis une semaine, ce système est un véritable changement  : « je trouve ça bien que ceux soient des Niçois qui sont à l’origine de ce dispositif. Ça va me permettre d’acheter plus facilement le soir, notamment quand je suis en soirée et que tout est fermé à proximité. » 

Une application qui ne satisfait pas totalement les buralistes 

Si cette idée innovante semble plaire aux jeunes testeurs, de nombreux buralistes niçois ne semblent pas être au courant de cette nouveauté. C’est le cas de Simon Eljarret Mae, buraliste avenue Georges-Clémenceau : « les médias n’en ont pas encore parlé mais je trouve que cette démarche va inciter davantage les fumeurs à fumer. C’est hypocrite par rapport à la politique du gouvernement. On interdit la vente dans de nombreux établissements alors pourquoi la rendre livrable à domicile, comme si c’était une simple livraison d’hamburger ? » Il avoue toutefois trouver l’idée « assez bonne ».
Un peu plus loin, Luc Garrouste, sexagénaire responsable du bar-tabac « Le Verdi ». Ce dernier ne semble pas être concerné : « de toute façon, mon commerce ne vend plus de cigarettes à partir de 20h. Le problème pour les créateurs, c’est qu’ils vont devoir passer par la douane, car c’est elle qui gère le tabac ainsi que sa vente. » Nicolas Zantour tient toutefois à rectifier certains détails : « On ne détient aucun paquet et on effectue aucune vente. Notre projet est un service de mise en relation entre particuliers.» Il surenchérit « Si un mec veut faire de la contrebande ou si le paquet n’est pas français, on peut signaler l’utilisateur et le bloquer.»

L’application sera disponible gratuitement sur Apple Store et sur Android fin février.

Anthony CARBONI