Santons bon la Provence

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Une crèche itinérante à l’échelle 1/6ème s’installe à Nice pour les fêtes de Noël. Dans un décor provençal, 300 santons et autres automates nous plongent dans le quotidien du 19ème siècle.Un parfum de lavande et le chant des cigales en plein hiver. Surprenant, n’est-ce-pas ? « L’idée est d’imaginer ce qu’il se serait passé si Jésus était né en Provence », explique Karl Blanchet, artiste-peintre. Chaque mois de décembre, il exhibe sa crèche itinérante dans une ville différente. Cette année, il pose ses bagages à Nice. Sur 250m², une collection personnelle composée de 300 santons s’anime dans l’enceinte de l’église Saint-Pierre d’Arène, située derrière l’Hôtel Negresco. Sur la célèbre place du village les cordonniers-automates peaufinent leurs sabots, le lavoir est inondé de lavandières, quant aux maçons ils s’emploient à éviter les tuiles, le tout sous le regard du maire et de sa femme. « Une œuvre unique », témoigne une grande amatrice du sujet. «Je n’en ai jamais vu d’aussi grande. » Dans tous les sens du terme, puisque les figurines, à l’échelle 1/6ème, culminent à 30cm de hauteur,

Un travail de longue haleine. Karl Blanchet y travaille depuis plus de vingt ans. Originaire de Salon de Provence, l’homme se passionne dès son plus jeune âge pour la création artistique. « J’ai confectionné les décors et les maisons. Certaines mesurent jusqu’à 1m50. Les santons, eux, proviennent de sculpteurs renommés. Entre autre Simone Jouglas, qui fut la première à les habiller de tissu. » En tout, pas moins de 30m cube d’équipements à déplacer.

L’artiste porte sa croix

Problème : l’homme ne vit plus en Provence, mais s’est installé en Alsace avec sa femme. « Je loue un semi-remorque pour transporter le matériel. Le reste de l’année, il est stocké dans un entrepôt. Et c’est bien dommage. »

Karl éprouve des difficultés à exposer plus longtemps son travail.

« Eu égard au respect de la laïcité, les municipalités refusent de m’accueillir. Ici même, certains trouvent anormal de devoir payer dans un lieu sacré. Je les comprends, mais il faut bien que je vive ! »

Niveau comptabilité d’ailleurs, l’homme ne s’y retrouve pas toujours. « Ca dépend du nombre d’entrées dans chaque établissement. A Strasbourg, avec 40 000 visiteurs, j’ai gagné environ 150 000€. A la Cathédrale d’Orléans, j’ai vendu 10 000 tickets seulement. » Prix d’entrée : 4,50€. De qui crécher la bonne parole.

Hugo Giusti – Caroline Glander

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