S.O.S. d’un fonctionnaire en détresse

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Hervé participait ce mardi à un rassemblement contre l’austérité et la rigueur, à Nice. Fonctionnaire, il subit de plein fouet l’augmentation du coût de la vie, et confie ne plus pouvoir s’en sortir avec son seul salaire. Pour lui, la mobilisation reste le seul moyen de faire entendre sa voix.

« On n’en peut plus ! » Grand, costaud, Hervé ne passe pas inaperçu dans la foule massée à Nice, à l’occasion d’un rassemblement contre l’austérité et la rigueur, place Garibaldi. Muni d’un long drapeau bricolé, où pendent plusieurs panneaux appelant à la grève général et aux augmentations de salaires, il s’investit dans le cortège niçois. Fonctionnaire, Hervé travaille au service des impôts depuis de longues années, et s’inquiète de voir sa situation personnelle déclinée au fil du temps. « Il faut se mobiliser pour que les choses changent, et rapidement, tempête-t-il. On arrive au point de non retour, ce n’est plus possible. »

« Je n’ai pas été augmenté depuis 5 ans »

Le rassemblement se déroule dans une ambiance bon enfant, au rythme de la musique envoyée par un camion de la CGT. Une centaine de personnes discute, sous le soleil de la métropole azuréenne. Hervé sert constamment des mains, éclate de rire entre deux conversations avec d’autres manifestants. Cette bonne humeur apparente cache pourtant une profonde colère, doublée d’une inquiétude grandissante. « Je n’ai pas été augmenté depuis 5 ans, explique-t-il. Le coup de la vie s’accroît chaque année, mais nos salaires ne suivent pas. » Chaque mois, il concède s’enfoncer un peu plus dans une situation difficile. « Je suis obligé de me priver aujourd’hui, explique-t-il. L’impact de la rigueur et de l’austérité est incroyable sur le pouvoir d’achat, la consommation. » Il faut désormais trouver de nouveaux moyens pour boucler son budget mensuel. « Je dois piocher dans mes propres économies pour pouvoir tenir jusqu’à la fin du mois, révèle Hervé. Et tout cela, sans faire de folie, sans même se faire plaisir… »

« Paralyser le pays »

La mobilisation reste pour lui le seul moyen de faire bouger les choses. Il souhaite ainsi qu’une plus grande part des Français prenne part à la contestation. « Rapidement, il faudrait mettre en place plusieurs jours de grève générale, pour paralyser le pays, détaille-t-il. L’idéal serait une manifestation à l’échelle européenne ! » Mais pour le moment, la mobilisation semble quelque peu faiblir, de l’aveu d’Hervé et des autres manifestants. A l’approche des élections présidentielles, les Français souhaitent peut-être attendre d’utiliser leur bulletin de vote pour contester. Quoi qu’il arrive, le fonctionnaire ne faiblira pas. « Même si la gauche passe aux présidentielles, je continuerai à manifester si rien ne s’améliore, prévient-il. Un gouvernement socialiste aura encore moins le droit à l’erreur ! »

Florian Philippe