Rugby – Union Bayonne / Biarritz : une fusion qui sent le soufre

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Un temps évoquée l’an passé, l’union entre Bayonne et Biarritz est désormais officiellement à l’étude. Un projet compliqué à mettre en place et difficile à accepter pour les supporters.

C’est un petit séisme qui vient de frapper le monde de l’Ovalie. Serge Blanco, président du Biarritz Olympique et Alain Afflelou, son homologue de l’Aviron Bayonnais, étudient actuellement la possibilité d’une fusion entre leurs clubs. L’objectif ? Retrouver un rugby compétitif au Pays Basque. Il faut dire que la situation est critique : le BO végète à la dernière place du classement depuis trois mois et Bayonne lutte péniblement avec Oyonnax pour éviter la 13eplace, également synonyme de relégation.

Le projet flou d’Afflelou

À la mode en Irlande, au Pays de Galles ou en Écosse, une telle association semble difficile à mettre en place en France. D’autant plus lorsqu’il s’agit d’unir deux équipes ennemies avec des infrastructures, des staffs et des joueurs différents. Le président de l’Aviron donne davantage de détails sur cette possible union : « On continuera à former des joueurs à Biarritz et à Bayonne, ils continueront de disputer leur championnat amateurs. C’est la structure professionnelle qui sera une et unique », a assuré hier Alain Afflelou au micro de RMC.

Reste tout de même plusieurs questions en suspens : où jouer ? À Aguiléra, l’enceinte du BO ou à Jean-Dauger, celle de l’Aviron ? Qu’adviendra-t-il du surplus de joueurs et de dirigeants ? Quelle sera la couleur du maillot ? Autant d’interrogations aujourd’hui sans réponses.

« Nous n’abandonnerons jamais notre identité »

La pilule a également du mal à passer pour certains fans de ces deux clubs historiques du Top 14. « S’il devait y avoir fusion, elle se fera sans moi et sans de très nombreux supporters bayonnais. Nous n’abandonnerons jamais notre identité », s’insurge Pierre, inconditionnel de l’Aviron depuis près de 30 ans. « Malgré tout, ce serait bénéfique pour le rugby dans la région », nuance Christian, proche du BO et bien conscient qu’une union sauverait son club de la Pro D2.

Les deux présidents basques, quant à eux, veulent croire à cette alliance. « Aujourd’hui, il faut des moyens importants dans le rugby professionnel. On a deux clubs, avec deux stades situés à trois kilomètres. C’est un peu idiot de ne pas essayer de voir s’il n’y a pas une solution plus simple », martèle Alain Afflelou. L’homme aux lunettes, en accord avec Serge Blanco, se donne jusqu’à fin mars 2014 pour savoir si le dessein est réalisable dès la saison prochaine.

Thimoté GARCIN