Rugby – Toulon : le jour d’après

0
56

Après une première partie de saison impressionnante, le Rugby Club Toulonnais connaît un léger passage à vide.

Mélangez des stars, un staff performant et un président omniprésent pour obtenir un cocktail détonnant : le RCT. Adulé par les uns et détesté par les autres, le club varois ne vous laisse pas indifférent. Avec douze victoires en quatorze journées, dont six à l’extérieur, les hommes de Bernard Laporte marquent de leur empreinte le Top 14. Pourtant, il suffit d’une rencontre pour que le tout bascule. Mayol, forteresse imprenable depuis 18 rencontres, est sur le point de céder. L’envie et la détermination des Racingmen ont eu raison des locaux. Une défaite sur ses terres et des conclusions hâtives.

Attention, perturbations

Le Rugby Club Toulonnais se voit-il déjà au bout ? Les joueurs prennent-ils leurs adversaires de haut ? La machine s’est-elle rouillée ? Cette saison plus que jamais, le club Rouge et Noir est devenu l’attraction principale de notre championnat. Tous les regards sont focalisés sur chaque mouvement provenant de la rade. Alors forcément, lorsqu’un faux pas se profile, il faut saisir l’occasion. Contre le Racing Métro 92, les Toulonnais balbutient leur rugby. Méconnaissables pendant la majeure partie de la rencontre, ils s’inclinent logiquement face à plus méritant. Pourtant, gagner les matches pièges était devenu l’un des points forts du RCT. Savoir se sortir du traquenard, montrer que le groupe dispose d’énormément de ressources. Mais quand rien ne veut sourire aux locaux, la soirée s’annonce longue.

Montpellier pour se racheter ?

Jusqu’ici brillants en H Cup, les Varois se déplaçaient à Montpellier pour assurer la première place du groupe. Les Héraultais, eux-aussi, jouent la qualification. Les mauvaises langues diront que l’issue de la rencontre était connue d’avance, que les visiteurs ont laissé les Montpelliérains s’imposer. Mais dans les faits, les coéquipiers de Benoît Paillaugue remportent un long combat. Jusqu’au coup de sifflet final, ils n’ont rien lâché. Chaque contact, chaque incursion dans le camp adverse sont récompensés par des points. Le constat est frappant, 23 – 3. Cela faisait depuis le 8 décembre 2011 et une défaite aux Falcons de Newcastle que les Toulonnais n’avaient pas inscrit plus de trois points dans une rencontre. Mais le plus inquiétant dans cette opposition reste l’état d’esprit des Varois. Battus, désabusés et incapables de mettre leur jeu en place, ils ont rendu les armes. Symbole de cette capitulation : Jonny Wilkinson. Cette journée européenne peut être analysée comme sa plus mauvaise performance sous le maillot toulonnais. Pour parachever une rencontre ratée, l’ouvreur tentera même un drop désespéré à la 77ème minute alors que le score est de 23 – 3.

Contrats remplis

Mais si les Toulonnais s’attirent les foudres du monde du rugby depuis deux semaines, leur bilan, lui, reste irréprochable. Premier du Top 14 avec quatre points d’avance sur le second, les Varois sont dans les temps. Ils abordent la phase retour avec sérénité. En effet, les hommes de Bernard Laporte recevront plus que fois qu’ils n’auront à se déplacer. Un énorme avantage quand on connaît la réputation du stade Mayol. Sur la scène européenne, le constat est tout aussi impressionnant. Premier de sa poule et qualifié pour un quart de finale à domicile, le Rugby Club Toulonnais continue son parcours sans faute. Accueillir Mont de Marsan ce week-end peut être le meilleur moyen de se relancer. Même si les Varois dominent de la tête et des épaules cette première partie de saison, le groupe toulonnais ne doit pas oublier un adage : c’est à la fin du bal qu’on paye les musiciens.

Florian Dalmasso