Rugby – L’arbitre est aussi un athlète

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Jérôme Garcès a arbitré Irlande-Italie lors de la Coupe du Monde 2015

L’arbitre n’est pas seulement le maître du jeu, il est aussi un athlète à part entière. Trois arbitres fourniront leurs derniers efforts physiques samedi 31 octobre lors de la finale de la Coupe du Monde de rugby. L’occasion de connaître les statistiques sportives d’un arbitre du ballon ovale.

Derniers allers-retours pour les rugbymen de la Coupe du Monde ce samedi 31. Mais aussi pour les arbitres : Nigel Owens et ses deux arbitres de touches.  Au même titre que les joueurs, les arbitres sont des sportifs de haut niveau et doivent être en grande forme physique.

Jérôme Garcès a arbitré Irlande-Italie lors de la Coupe du Monde 2015

De l’endurance 

Grâce aux GPS installés sur les arbitres et les joueurs du ballon ovale, on peut calculer la distance parcourue par chacun. « Je cours entre 5 et 8 kilomètres par match« , confie Mathieu Raynal, arbitre international qui a officié pendant la Coupe du Monde 2015. C’est toutefois moins que son homologue du football, qui court entre 10 et 13 kilomètres par match en 90 minutes.

Sur le graphique ci-dessous, on voit que les officiels courent autant que les joueurs, plus de six kilomètres par match en moyenne.

Cependant, « ce n’est pas du tout les mêmes efforts« , explique Mathieu Raynal. L’ancien joueur de l’Usap (Club de Perpignan) catégorie Espoirs connaît bien la différence. « Les joueurs doivent casser la ligne, c’est très intense. Alors qu’il est rare qu’un arbitre se retrouve à 100 %, on est tout le temps à 50/60 %« , décrypte-t-il. Les officiels courent donc autant que les rugbymen mais font moins d’accélérations. Ils n’ont pas non plus à plaquer ni à défendre.

Une préparation physique intense

Mais les arbitres restent des athlètes de haut niveau. Les officiels de la Coupe du Monde ont tous une Vitesse Maximale Aérobie d’au moins 18 km/h. C’est la vitesse que peut tenir le coureur pendant un certain laps de temps avant de perdre en rapidité. Une VMA de 18 km correspond à un bon niveau de course à pied. « Il faut travailler dur, affirme Mathieu Raynal, surtout à l’âge que l’on a : entre 34 et 45 ans, c’est plus difficile« .

Les exercices sont donc quotidiens. L’arbitre livre son programme. Lundi, une petite heure de footing. Mardi : « on est dans le rouge« , avec des exercices de vélo ou de 30/30 (30 secondes de sprint, 30 secondes de récupération). Mercredi : repos. Jeudi : musculation. Vendredi : vitesse.

Une vraie préparation physique, comme pour les joueurs. Et comme eux, les arbitres font des stages de préparation comme on peut le voir dans la vidéo de la FFR.

La condition physique sera de plus en plus importante car le rugby moderne est en pleine évolution : « les nouvelles règles favorisent le jeu pour plus de spectacle à la télévision et il n’est pas impossible qu’on passe de 7 à 10 kms de course par match« , avance-t-il.