Ronaldo, c’est fini…

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Luis Nazario de Lima, dit Ronaldo, a annoncé sa retraite footballistique cette semaine. Retour sur la carrière exceptionnelle d’un buteur mythique.

Nous sommes en 1993, dans le championnat brésilien. Un jeune attaquant se fait connaître dans le club de Cruzeiro : un certain Ronaldo parvient à inscrire, à seulement 17 ans, la bagatelle de douze buts en quatorze matches, pour sa première saison dans l’élite. Il n’en faudra pas plus pour que les clubs européens s’y intéressent, et pour qu’il rejoigne la Seleçao.

Une adaptation à l’Europe fulgurante

Ronaldo signe au PSV Eindhoven à l’été 1994, juste après avoir remporté la Coupe du Monde (sans jouer une seule minute). Si les Brésiliens ont souvent besoin d’une période d’adaptation à leur arrivée en Europe, ce n’est pas le cas de Ronaldo. Lors de l’exercice 94-95, il trouve le chemin des filets à 30 reprises en 32 matches d’Eredivisie (championnat des Pays-Bas), et il marque trois fois en deux matchs de Coupe de l’UEFA. Des performances qui vont une fois de plus susciter les convoitises : le PSV ne pourra garder sa pépite que deux saisons.

Un statut de star acquis au FC Barcelone

En 1996, le prodige brésilien s’engage avec le FC Barcelone où il ne restera qu’une seule saison, mais où il réussira à inscrire 34 buts en 37 matches de Liga, et 5 en 7 matches de Coupe des Coupes…

L’année suivante, c’est l’Inter Milan qui l’accueille en Série A. Les plus sceptiques seront convaincus : 25 buts en 32 matches de championnat, et six en 11 matches de coupe de l’UEFA. Il manquera de gagner la Coupe du Monde de peu la même année, en s’inclinant en finale conte la France…

Ni la Série A, ni son genou ne lui auront résisté…

Mais comme si son jeu et ses statistiques étaient trop beaux, Ronaldo va gravement se blesser lors de sa deuxième saison avec l’Inter Milan. Après avoir inscrit 14 buts en 19 matches de championnat, les ligaments croisés de son genou vont lâcher et le tenir éloigné des terrains pendant plus de six mois. Il fait son grand retour en 2000-2001 et rechute en se blessant à nouveau, au même genou. Cette étape de sa carrière va prouver au Monde entier le mental d’acier de Ronaldo. Le Brésilien va tout faire pour revenir au plus haut niveau, et il va y parvenir. Il revient sur les terrains en 2002, toujours avec les Interistes. Il réussit lors de son retour à inscrire 7 buts en 10 matches de Série A : exceptionnel.

Ronaldo devient Galactique

Le Real Madrid des Galactiques (Zidane, Figo, Raul, Roberto Carlos, puis Beckham un an plus tard) va le faire signer à l’été 2002, après qu’il ait remporté sa deuxième Coupe du Monde avec le Brésil, mais en jouant cette fois, et surtout en terminant meilleur buteur de la compétition. Il va disputer quatre saisons et demi avec les Galactiques et marquer 83 buts en 127 matches de Liga, ainsi que 15 buts en 36 matches de Ligue des champions.

Une Série A qui lui porte malchance

Au mercato de janvier 2007, alors qu’il a perdu sa place de titulaire, un certain Silvio Berlusconi décide de le faire venir au Milan AC. Ronaldo retrouve alors la Série A et termine la saison 2006-2007 en marquant 7 buts en 14 matches. La saison suivante (2007-2008), le Brésilien aura le temps d’inscrire 2 buts en 6 matches disputés, avant de se blesser… au genou.

Retour au bercail

Le monde entier croit alors à la fin de sa carrière, mais c’est sans compter sur son abnégation hors du commun. Il fait son retour un an plus tard, dans le championnat brésilien avec les Corinthians. Malgré des débuts difficiles et un surpoids certain, il va disputer 31 matches en deux saisons et inscrire 18 nouveaux buts.

La retraite d’un épicurien du football

Cette semaine, l’homme aux 62 buts en 97 matches avec la Seleçao (3e meilleur buteur derrière Pelé et Zico) annonçait sa retraite en conférence de presse, aux côtés de ses deux fils, Alex et Ronald. Ce joueur d’exception laissera un souvenir impérissable à tous les amateurs de foot. Ses statistiques à en couper le souffle (0.72 but par match en club et 0.64 en sélection) lui ont permis de quasiment tout gagner, mais ses blessures l’ont sans doute empêché de battre tous les records, et surtout de remporter la Ligue des champions et la Copa Libertadores (équivalent de la Ligue des champions d’Amérique du Sud), seuls trophées manquants à son palmarès. Chapeau, et obrigado Monsieur Ronaldo.

Baptiste QUENAUDON