Réforme Peillon : la colère gronde chez les enseignants

0
252

 La réforme Peillon soulève un vent de contestation au lycée Masséna de Nice. Le 3 décembre 2013, une assemblée générale a réuni les deux tiers des professeurs de prépas de l’établissement, pour décider de leurs futures actions.

 Ambiance tendue au lycée Masséna. À l’heure où les cours s’arrêtent pour la pause déjeuner, une cinquantaine de profs se réunissent pour la troisième fois cette semaine, salle 215. Leur but : organiser la riposte contre la réforme Peillon qui prévoit un abaissement du salaire des professeurs de prépas pour revaloriser celui des profs de ZEP (zones d’éducation prioritaire).

Le directeur de l’établissement s’invite à la réunion. Les enseignants votent le huis-clos à la majorité. Leur supérieur hiérarchique et la presse doivent quitter la salle. L’atmosphère est électrique.

 Au bout d’une heure de concertation, le compte rendu de l’assemblée est sans appel. À la grève du 9 décembre 2013, les professeurs répondent « oui ». Comme au boycott du prochain conseil d’administration de l’établissement. Demain, une délégation manifestera son mécontentement auprès du recteur.

 « Si nous ne faisons rien, nous courrons vers une dégradation de notre niveau de travail et de vie inacceptable. Nous n’avons aucune visibilité dans cette affaire. Qui discute en haut lieu avec le ministère ? Nous ne sommes pas représentés, on ne nous demande pas notre avis», tonne Jean-Philippe Llored, professeur en prépa de Lettres Classiques.

Un manque de visibilité qui inquiète

De son côté, le syndicat d’enseignants SNES-FSU confirme la tendance. Pour eux, il y a déjà une erreur au niveau du calendrier : boucler la réforme pour la rentrée 2014 est impensable, il faut plus de discussion.

 « Le gouvernement veut agir à marche forcée. Mais cette réforme n’est pas claire. Les professeurs de prépas se sentent stigmatisés et nous ne pouvons pas accepter qu’on enlève aux uns pour donner aux autres », explique Jean-Paul Clot, secrétaire départemental du SNES-FSU, à Nice. Selon lui, les professeurs de ZEP sont très nombreux et parmi eux, tous ne pourront pas profiter de l’augmentation prévue par la réforme.

 Le manque de visibilité trouble les professeurs et les syndicats. Le gouvernement veut agir vite, ce qui ne rassure pas les principaux concernés. Les appels à la grève se multiplient. Une manifestation aura lieu demain à Paris.

Rémi SALORT et Alexandra Chauvin