Réforme des rythmes scolaires : « Faire réagir Vincent Peillon »

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© Claire Gaveau

Pour la sixième fois en un an, les enseignants et parents d’élèves s’emparent de la rue pour exprimer leur mécontentement. Une nouvelle manifestation contre la réforme des rythmes scolaires a réuni, jeudi 5 novembre, 1000 personnes à Nice.

Début de la manifestation au théâtre de Verdure (© Claire Gaveau)

« Peillon au Paillon ! », « Ayrault t’es zéro », « Hollande en Hollande ». Les 1000 manifestants présents à Nice, selon les organisateurs, ont directement attaqué le gouvernement lors de leur nouvelle manifestation. Du théâtre de Verdure à la place Garibaldi, les enseignants, parents d’élèves et syndicats ont affiché leur mécontentement et mis à mal la réforme des rythmes scolaires. La révolte continue : « On est dans la continuité du 14 novembre. On souhaite une suspension de la réforme, de nouvelles conditions d’enseignement et une revalorisation de notre travail », explique Gilles Jean, organisateur de la manifestation.

Les parents d’élèves ont aussi manifesté contre cette réforme des rythmes scolaires (© Claire Gaveau)

 Vincent Peillon en première ligne

Pour lui, « c’est inadmissible de ne pas avoir de réponse ». Le son de cloche est similaire pour le syndicat majoritaire chez les enseignants, le SNUipp-SFU : « Les messages adressés au ministre de l’Education sont nombreux mais ils ne sont pas pris en compte. La rue reste le meilleur moyen de se faire entendre » selon Sylvie Curti. « Nous souhaitons faire réagir notre ministre, Vincent Peillon, car on a l’impression que le chantier est construit à l’envers », continue-t-elle.

Pancartes, banderoles ou drapeaux, tous les moyens sont bons pour se faire entendre (© Claire Gaveau)

Les attentes ? Une suspension pure et simple de la réforme, de nouveaux programmes plus adaptés et surtout, un allègement des effectifs. Avec un nombre moyen de 26 élèves en maternelle et 23 en primaire, la France a des classes parmi les plus surchargées d’Europe : « Actuellement, un enseignant gère environ trente élèves par classe alors que dans certains pays, il n’en a que dix ou douze », explique Blandine, institutrice à l’école de Suve à Vence. Elle est soutenue par Eve, éducatrice au Réseau d’Aide Spécialisée aux Elèves en Difficulté (RASED) de la vallée de la Tinée : « Le recrutement de professionnels est la priorité. Il faut réduire les effectifs à 20 élèves par classe et même 15 élèves dans les zones difficiles pour avoir un enseignement efficace ».

La parution du classement PISA donne raison aux enseignants, parents d’élèves et syndicats présents dans la rue ce matin. Les revendications sont nombreuses contre la réforme entamée par Vincent Peillon. L’école n’a définitivement pas trouvé son rythme.

Claire Gaveau