Réforme bancaire : le « oui mais » de Jean Peyrelevade

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Avec son projet de loi bancaire actuellement en discussion à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, essaye de moraliser le système bancaire. Un moment historique selon les partisans, beaucoup de bruit pour rien d’après les détracteurs. Jean Peyrelevade, l’ancien collaborateur de Pierre Mauroy, lui, salue l’initiative mais émet des réserves de taille.

C’était une promesse de campagne de François Hollande. Et quelle promesse ! Une loi bancaire obligeant les établissements financiers à séparer leurs activités spéculatives de celles de dépôts. De quoi vous faire frissonner de plaisir un spectateur du meeting du Bourget…

Actuellement à l’étude au Parlement, le texte proposé par Pierre Moscovici, ministre de l’Economie et des finances, a tout de même laissé dubitatif un certain nombre d’observateurs. Ce n’est pas le cas de Jean Peyrelevade. Interrogé à l’occasion de sa participation à l’Assemblée sur « l’argent et l’éthique » organisée par Marianne à Nice, le président du conseil d’administration de la banque Leonardo y voit  « une première étape importante » pour structurer le système financier. Il faudra néanmoins aller plus loin.

Car pour l’ancien directeur adjoint du cabinet du Premier ministre socialiste Pierre Mauroy,« cette loi ne prend pas en compte deux choses » « D’une part, tout ce qui ne passe pas par les banques et qui n’est pas régulé, comme par exemple les produits dérivés. D’autre part, il s’agit d’une réforme nationale qui devra s’inscrire à l’échelle européenne ».

Le texte français est si peu contraignant avec les banques que peut-être (qui sait) parviendra-t-il à inspirer nos partenaires de l’Union pour trouver un accord commun ?

Andy Calascione

Crédit photo : LAURENT ETIENNE/SIPA