Quand les maisons de retraite crient au feu

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La sécurité incendie dans les maisons de retraites niçoises est une préoccupation pour les dirigeants de ces établissements. La semaine dernière, à Marseille une maison de retraite a été le théâtre d’un incendie mortel. En cause, un septuagénaire qui a voulu ouvrir un sachet de bonbons avec un briquet. Imprudence ou négligence, quels moyens sont employés pour protéger les séniors ?Les causes de départ de feu dans les maisons de retraites sont bien connues. Accidentelles, d’origine électrique par exemple, leur nombre régresse avec la normalisation des installations. La directrice de la maison de retraite Harmony explique. « Nous disposons d’un système de sécurité-incendie automatique, mais nous ne sommes pas à l’ abris ». Surtout des risques accrus par le tabagisme des résidents.

La loi Evin exclue des chambres

En effet, les maisons de retraite ne sont pas concernées par la loi Evin qui interdit de fumer dans les lieux publics. Les chambres privatives sont considérées comme des substituts de domicile. En revanche la loi s’applique à toutes les salles communes. En théorie rien n’empêche les papis et les mamies de se griller une barre de tabac à la fenêtre ou sur leur lit. Dans les faits cela dépend du règlement intérieur de l’établissement comme le confirme Magali Blanc directrice d’une résidence spécialisée.« Chez nous comme dans beaucoup d’autres maisons il est interdit aux pensionnaires de fumer dans les chambres et même d’être en possession d’un briquet. Cela dit, rien n’empêche les résidents de se procurer un briquet ou des allumettes par le biais de leurs visiteurs même si l’échange est formellement interdit». Malgré l’interdiction, elle affirme qu’aucun de ses pensionnaires ne s’est laissé tenter par la resquille.

Des moyens de sécurité importants

Le fait-divers survenu à Marseille la semaine dernière a coûté la vie à six pensionnaires d’une maison de retraite. L’homme de 75 ans, responsable de la tragédie, possédait un briquet. Une tragédie accentuée par un défaut de sécurité : les portes des chambres étaient restées ouvertes. Quelque chose d’impensable pour Magali Blanc. « Chez nous les portes sont fermées toutes les nuits justement pour des raisons de sécurité. D’ailleurs le personnel de nuit veille à ce qu’elles le restent ». Mais il ne suffit pas d’enfermer les résidents. Tout un dispositif de prévention incendies est également obligatoire. Portes coupe-feu automatiques, extincteurs manuels dans chaque couloir, détecteurs de fumée dans toutes les chambres. Le tout relié à une centrale de sécurité incendie détectant tout départ de feu.

Malgré toutes les technologies de pointe en matière de prévention incendie, le facteur humain reste déterminant dans la plupart des incendies, comme le souligne Magali Blanc: « Certains de nos pensionnaires n’ont plus toutes leurs facultés mentales et peuvent être imprévisibles. Être équipé c’est une chose mais le risque zéro n’existe pas, il faut avant tout que chacun se responsabilise. »

Ophélie Grosshans & Simon Gourru