Quand les compétitions entre hommes ne suffisent plus…

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Photo algerie-dz.com

En marge du forum mondial du sport à Doha, Oscar Pistorius, s’était lancé un nouveau défi : battre sur 200m un pur-sang arabe du nom de « Maserati ». L’athlète sud-africain a profité du mauvais départ de son adversaire d’un soir pour l’emporter. Défier nos amis les bêtes, la pratique n’est pas nouvelle mais tend à attirer de plus en plus les sportifs de haut-niveau.

Oscar Pistorius a dominé hier soir à Doha un pur-sang arabe du nom de « Maserati ».

En 1937 déjà, le légendaire Jesse Owens s’était mesuré à un cheval de course. Le héros des JO de Berlin avait remporté la course de justesse. Les duels se sont ensuite multipliés, donnant lieu à une succession de déconvenues chez les sportifs. Linford Christie, autre champion olympique du 100m, avait renouvelé l’expérience avec moins de succès que son digne prédécesseur. Côté français, Daniel Sangouma, recordman de France du 100m entre 1990 et 2005, avait été battu par le légendaire cheval de saut d’obstacles Jappeloup, monté par Pierre Durand, à l’hippodrome de Saint-Cloud, près de Paris. Plus récemment encore, le duel opposant le cycliste Thomas Voeckler à un équipage de trot attelé avait réuni plus de 8000 spectateurs sur un hippodrome l’an dernier. Après avoir remporté la première manche, le cycliste préféré des français s’était incliné sur les deux suivantes.

Quel intérêt ?

Pour les sportifs, il s’agit surtout de repousser toujours un peu plus les limites humaines. Loin des pointes de vitesse de certains animaux, ils sont curieux de se mesurer à certaines références en la matière. « Bladerunner » avait ainsi exprimé son enthousiasme en marge du duel face à Maserati : « Je suis très excité d’être ici au Qatar et de prendre part au défi « Run like the wind » qui va me permettre de repousser mes limites et de tester mes capacités ».

Si les défis de ce type sont de plus en plus nombreux, ils semblent aussi de plus en plus présomptueux. L’ailier springbok Bryan Habana s’était notamment mesuré à un guépard sud-africain en 2007. Parti 30 mètres derrière, le félin avait rattrapé le rugbyman en fin de course.

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Ces exhibitions sont pour la plupart organisées par des sponsors dans le cadre de coups de communication juteux. Dans le cas d’Oscar Pistorius cependant, le rendez-vous avait pour but de promouvoir le rôle et la place des handicapés dans la société.

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 Vers un développement de la pratique ?

Des compétitions sportives mêlant hommes et animaux, l’idée semble totalement loufoque. Pourtant, depuis 1980, dans le village de Llanwrtyd Wells au Pays de Galles, se déroule une sorte de marathon où cohabitent coureurs à pied et chevaux sur 35 km. Il a fallu attendre 24 ans pour qu’un humain, le Britannique Huw Lobb, connaisse le goût de la victoire. Si la pratique est évidemment très loin d’être officialisée, ces rencontres entre sportifs et animaux ont au moins le mérite de nous donner de bonnes leçons d’humilité. Il reste en effet beaucoup de travail à Usain Bolt et ses 9.58 sur 100m pour rattraper Sarah, jeune guépard de 4 ans qui avale la même distance en 6 secondes et 13 centièmes, record toute catégorie.

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Christophe Penoignon