Quand le préfet des Alpes-Maritimes devient @prefet06

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Modernité, proximité : Georges-François Leclerc, préfet des Alpes-Maritimes, a décidé d’utiliser Twitter pour faire passer son message. Un exercice difficile.

Georges-François Leclerc : « Il m’arrive de tweeter moi-même » ©Olivier Valentin

Séismes, avalanches, inondations : les Alpes-Maritimes ont une terre soumise aux contraintes naturelles. Le préfet, Georges-François Leclerc, a donc décidé de « répondre aux questions de (s)es administrés » sur les « risques majeurs », via Twitter. Dans le même temps, le fonctionnaire d’État invite des journalistes. Il cadre l’entrevue d’emblée : « je veux surtout que vous diffusiez cette action ».

Non, l’homme d’État n’a aucune intention de parler risques naturels avec Azur TV. « Si vous pouvez faire de la publicité à vos suiveurs, c’est bien aussi », ajoute-t-il. Des « suiveurs » ? « Mais oui, sur Twitter. En Savoie, j’avais beaucoup plus d’abonnés ! » La rencontre porte donc sur Georges-François Leclerc et sur son action. Né en 1966, le fonctionnaire d’État souhaite moderniser son métier. Sa devise ? « Un préfet, ce n’est pas un homme, c’est une silhouette. Un préfet, ce n’est pas un nom, c’est un titre ».

Alors, pour « délivrer une information robuste, stable, solide », il se doit d’avoir « une parole rare », mais surtout, « une parole qui porte. » L’homme a pris ses fonctions en novembre 2016. « On ne me connaît pas encore assez, regrette-il. Et Twitter, Facebook et les réseaux sociaux me permettent d’avoir un lien intéressant avec mes administrés. » Deux doigts sur le clavier, l’homme de 51 ans s’applique. Il s’amuse : « il ne faut surtout pas que je fasse de fautes d’orthographe, ça ferait tâche. »

Face au vent de modernité qu’il veut insuffler, le préfet semble lui-même un peu dépassé. « Un community manager ? Je ne sais pas ce que c’est… » Pour autant, l’homme fait des efforts. « Il m’arrive de tweeter moi-même, assure-t-il. Écrire tous mes tweets, non. Mais les vérifier tous, oui. » Il prend son temps, regarde chaque message, choisit celui auquel il veut répondre… « On a dix minutes, là ? Très bien… Vous avez vu ? Je réponds moi-même, et pas seulement des phrases déjà péparées ! »

L’importance de l’action qu’il mène en ce 6 décembre, le préfet la connaît. « Ce n’est pas de la communication, je ne suis pas un communicant. C’est de l’information. » Une « information » pour permettre une action « efficace », « ciblée » et « rapide ». Rapide, comme l’entretien avec les journalistes. En un quart d’heure, tout est bouclé. « L’objectif, c’est d’avoir plus de followers, pour un message mieux diffusé. »

Olivier VALENTIN