Qatar Fever

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Des étendues désertiques, une chaleur assommante (31°C actuellement), le Qatar ne réunit pas toutes les bonnes conditions pour le sport. Mais le micro-état se rattrape en investissant depuis quelques années dans le sport européen et mondial. Retour sur l’invasion qatarie.

Les États du Golfe Persique sont connus mondialement pour leur extrême richesse et leur extravagance. Mais depuis quelques années, c’est leur intérêt pour le sport qui fait parler d’eux.

Orgueil, football et love story

La love story entre les États du Golfe et le football a été révélée au grand jour lors du rachat de Manchester City par les Émirats Arabes Unis en 2008. A grand coup de millions de pétrodollars, cette transaction a provoqué une certaine rivalité avec les émirats voisins, particulièrement avec le Qatar. Cette péninsule possède l’un des plus forts PIB par habitant au monde, et on comprend pourquoi lorsque les princes héritiers s’offrent des clubs européens avec l’équivalent de leur argent de poche. Exemple en 2010, le club espagnol de Malaga tombe entre les griffes qataries, avant d’entraîner peu de temps après, le FC Barcelone et enfin le Paris Saint-Germain. Des investissements impressionnants mais avec des résultats ! Le rachat a donné suite à des recrutements exceptionnels. Résultat : les trois clubs sont arrivés en quart de finale de la Ligue des Champions.

Sport & politique

Outre le football, le Qatar, ignorant la « demi-mesure », est prêt à tout pour dépasser le faste de ses voisins. Leur domination par des chèques à multiples zéros n’est pas qu’une histoire de caprices et d’ego. L’État gazier mise sur la popularité et le caractère fédérateur du sport pour se faire une réputation mondiale. S’y investir donne une image positive, et participe au nouveau phénomène de diplomatie sportive.

Au fil des années, le sport a toujours été le reflet des sociétés, de la géopolitique internationale, et participe activement aux nouveaux rapports de forces. Le Qatar utilise donc l’influence,et les aspects du sport à tous les niveaux (clubs, joueurs, droits TV, marque…) pour se faire une place et une image de marque. Futé, le Qatari.

Un des 22 stades qui accueilleront la Coupe du Monde en 2022, à Doha (Photo : Getty Image)

Rafler la mise

Quitte à se donner une bonne image autant s’en donner les moyens. En 2014, l’émirat sera l’invité d’honneur de la Golden League de handball à Paris et au Mans, et accueillera les Mondiaux de la discipline en 2015. Mais le coup de théâtre a été l’annonce de l’organisation de la Coupe du Monde de football sur leurs terres. Après avoir payé 11 millions d’euros Zinédine Zidane, pour soutenir leur candidature, le Qatar sera le centre du monde en 2022. Le pays impose finalement sa suprématie sur son rival des Émirats Arabes Unis… Jusqu’au prochain cheikh.

Lysiane Tréguier