Procès des bikers : aucun trouble de la personnalité pour la jeune accusée « Tess »

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« Tess », la jeune accusée du procès des bikers, ne souffre d’aucun trouble mental ni d’aucun trouble de la personnalité selon l’expert psychiatre auditionné le 21 octobre.

«Pas de structure névrotique, pas d’altération de la personnalité » a conclu le docteur Pierre Giordano à la barre au sujet de « Tess » (son surnom dans le club des faux motards). La responsabilité pénale de la jeune fille dans le procès des bikers est donc reconnue.

Depuis près de deux semaines, la jeune fille comparaît aux côtés de Nicolas Pastorino et Marvin Zmorek pour sa participation présumée à l’assassinat de Mayeul Gaden le 27 octobre 2011. Elle doit aussi répondre de la tentative d’homicide de la petite amie de Mayeul. Mineure au moment des faits, elle aurait pris part au calvaire de la jeune fille, frappée, lapidée et enterrée vivante. Une tentative d’assassinat qui n’a pas manqué de faire réagir les internautes.

Le visage fermé, la mèche devant ses cheveux bouclés, « Tess »  écoute le rapport de l’expert les mains devant la bouche. Elle ne présente  « aucune propension à la violence manifeste » selon le psychiatre. Il soulève pourtant l’ambivalence du comportement de la jeune fille envers la victime : elle manifeste d’une part de l’empathie mais n’exprime pas de regrets non plus.

« A aucun moment, elle ne se cherche d’excuse »

Selon le psychiatre, « elle a compris plus clairement que les autres les enjeux. Et contrairement aux deux autres accusés, à aucun moment elle ne se cherche d’excuse. Elle ne cherche pas à apitoyer non plus », ajoute-t-il.

Des excuses, elle a en pourtant formulées à la barre au début du procès, tout comme ses compagnons. « Je regrette sincèrement ce qui s’est passé, on a besoin de tout remettre a plat », a-t-elle affirmé.

Anormale dans une famille normale

L’expert  évoque « un gros potentiel intellectuel » à propos de Tess. Après un bac littéraire, elle a commencé une première année en faculté de psychologie. Lors de ses dernières paroles avant la fin de l’instruction, « Tess » a confié se sentir « anormale dans une famille normale, pas à la hauteur de ma famille ». Selon la jeune fille, sa famille ne voyait en elle que les bonnes notes. « Mais j’aspirais à autre chose. Je pense que ça a joué aussi ».

Elle est revenue sur sa « névrose », et déclare se poser beaucoup de questions sur elle-même ; des questions dont souvent elle cherche encore la réponse. Les deux derniers jours du procès sont consacrés aux plaidoiries des avocats. Le verdict sera rendu vendredi 23 octobre.

Tiphaine Naud