Pourquoi les maladies cardiovasculaires concernent de plus en plus les femmes

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Diane Roustan est cardiaque. Elle a déjà subi deux opérations à coeur ouvert.
C. Marine Gas

Ce jeudi, dans le cadre de la journée mondiale de la santé, l’As­so­cia­tion AJILA lance la seconde édition du « Red day for women ». Un évènement pour infor­mer les femmes sur les risques cardio-­vas­cu­laires, première cause de mortalité féminine.

Une femme sur trois meurt chaque année de maladies cardio-vasculaires, soit 900 millions. Ces maladies affectent le coeur et les vaisseaux sanguins. Un infarctus du myocarde, une angine de poitrine ou un accident vasculaire cérébral (AVC) est de plus en plus fréquent chez les femmes.

Le docteur Charrouin, diplômé de la faculté de Montpellier, impute ce phénomène au nouveau mode de vie: « »L’hypertension artérielle, le tabagisme, l’alimentation, le stress ou encore la sédentarité augmentent ces maladies. Les femmes sont plus touchées qu’avant car leur mode de vie ressemble plus aux hommes ».

Le tabac:

Selon les médecins, le tabac fragilise les vaisseaux sanguins et les tissus. Il augmente les risques de phlébites et d’embolies. Selon Inpes, la proportion de fumeurs masculins a baissé depuis les années 60, passant de 45% à 35% aujourd’hui. En revanche, le nombre de fumeuses a augmenté. Il est passé de 10 à 22%.

L’alcool:

Boire de l’alcool excessivement peut conduire à de l’hypertension. Il augmente fortement le risque d’un infarctus. La consommation occasionnelle d’alcool (moins d’une fois par semaine) concernent 48 % des femmes contre 27 % des hommes. Cette boisson a une incidence plus accrue pour les femmes. Foie plus petit ou prise de pilule augmentent ces effets néfastes. Un verre standard contenant 10 grammes d’alcool, conduit à un taux d’alcoolémie de 0,2 ‰ chez les hommes et 0,3% chez les femmes.

Le stress:

Le stress cause un tiers des infarctus. Selon une étude britannique, les personnes souffrant de stress psychologique ont 50% plus de risques d’avoir une maladie cardio-vasculaire. D’après une enquête CSA de 2009, les femmes sont stressées par leur vie professionnelle et personnelle: manque de temps, double journée, conditions de travail…

La sédentarité:

Moins d’efforts physiques augmente les risques cardiaques. Sans entraînement, le muscle du coeur perd de sa puissance de contraction. Il reçoit et renvoie moins de sang dans le corps. Il fournit moins d’oxygène aux muscles et aux organes. Une enquête de chercheurs américains, dirigée par Christopher Kabrhel du Massachusetts General Hospital prouve les risques liés à la sédentarisation. Pendant 18 ans, ils ont étudié 69.950 infirmières. Celles qui passaient plus de 41 heures par semaine assises ont doublé leur risque d’embolie pulmonaire, comparés à celles restées assises moins de 10 heures hebdomadaires.

Le surpoids:

Le risque d’infarctus est multiplié par 1,5 en cas de surpoids. En France, 6,5 millions de personnes sont considérées comme obèses. Ce phénomène a augmenté de 15,1 % chez les femmes contre 13,9% pour les hommes.