Pour convaincre l’Unesco, la Promenade des Anglais de Nice a tout à prouver

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Christian Estrosi, député-maire de Nice, veut que la Promenade des Anglais fasse son entrée au patrimoine mondial de l’Unesco. La tâche s’annonce difficile.

Ce serait une première pour la ville de Nice. Le 21 décembre, Christian Estrosi, député-maire de la ville, devrait consulter le Conseil municipal. A l’ordre du jour: l’inscription de la Promenade des Anglais au patrimoine mondial de l’Unesco. Sur la liste des inscrits, l’emblématique bord de mer côtoierait la Statue de la Liberté et les rives de la Seine. Le défi est de taille.

La Promenade des Anglais de Nice pourrait faire son entrée au patrimoine mondial de l’Unesco (Crédit : MR)

«Le chemin est encore long», précise Junaid Sorosh, spécialiste du programme Europe à l’Unesco. Le processus est rigoureux et les intermédiaires nombreux. Après le Conseil municipal, Christian Estrosi devra convaincre la France. «Chaque Etat a une liste indicative des sites et monuments qu’il aimerait voir proposés à l’Unesco dans les années à venir. La Promenade des Anglais de Nice n’y figure pas encore». Un passage obligé avant la phase finale devant le Comité du patrimoine mondial.

«C’est beau mais pas exceptionnel»

L’argumentaire devra être solide. Junaid Sorosh insiste: «Un site ne peut être inscrit que si on reconnaît sa valeur universelle exceptionnelle». La Promenade des Anglais devra satisfaire à au moins un des dix critères de sélection. «Il faudra réussir prouver que le site est d’une importance telle que sa préservation deviendrait une obligation pour la communauté internationale». Une valeur que tous n’attribuent pas à la «Prom’».

Paola, à Nice depuis 15 ans, est gênée. «J’adore la Promenade des Anglais. C’est pour ça que je suis venue vivre ici. C’est beau… Mais ce n’est pas exceptionnel». Pour elle, Nice souffre des comparaisons. «Je  suis certaine qu’il y a des lieux plus intéressants que ça à mettre en avant». La mairie s’en défend.

Selon Christian Estrosi, la Promenade des Anglais vaut pour son histoire. Jeudi dernier, à la première réunion de «l’association des Amis du maire», il l’a assuré: «Ce sont nos anciens qui ont, les premiers, su lier la ville et la mer pour le plaisir de tous». Le site aurait été une inspiration pour le monde entier. Il serait, dès lors, conforme à l’un des critères de sélection au patrimoine mondial de l’Unesco.

Maxime Raton