PLACE AU  »FRENCH FLAIR »

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Victorieux successivement des Fidji et des Pumas argentins, le XV de France doit maintenant franchir le cap australien. Solides sur les fondamentaux et notamment la conquête, les joueurs de Marc Lièvremont n’ont pas séduit par la qualité de leur jeu. Un manque de fluidité qu’il faudra corriger dès samedi face aux Wallabies, référence mondiale.C’est l’ultime test de cette Tournée d’automne, mais aussi la dernière confrontation avec une équipe de l’hémisphère Sud avant la coupe du monde 2011 en Nouvelle-Zélande (9 septembre au 23 octobre). L’opposition avec les Australiens revêt donc un intérêt particulier à plusieurs égards.

En premier lieu: la fluidité. Comme le soulignait Marc Lièvremont après le match face aux Argentins, la paire de centres (dans sa relation avec l’ouvreur Traille) ou Morgan Parra, n’ont pas assez pesé sur le jeu. Un manque cruel de fluidité accentué par des difficultés techniques (pluie face aux Fidji) et tactiques (défense haute et agressive des Argentins). Au Stade de France il faudra hausser le degré d’exigence, sous peine de souffrir de l’efficacité australienne.

Mettre du rythme

En défiant les Wallabies, les Bleus vont se confronter à un modèle de rigueur. Une équipe à la tactique défensive quasi-irréprochable et à l’efficacité offensive tout aussi redoutable. Si les Français veulent percer le coffre-fort austral, ils devront mettre bien plus de rythme que ces derniers temps et surtout varier leurs combinaisons offensives.

Une volonté confirmée par la reconduite du groupe vainqueur face aux Argentins la semaine dernière. Deux exceptions: le retour de Porical au poste d’arrière, Palisson occupant l’aile au détriment de Andreu, et celui de Ouedraogo à la place de Bonnaire en troisième ligne. Une logique qui n’est pas sans déplaire à Morgan Parra, conscient de « ses ratés » qu’il attribue à « un manque de repères collectifs ». Sébastien Chabal devra, lui, être percutant et décisif. Un rôle de dynamiteur essentiel pour ouvrir des brèches à ses trois quarts dans le dispositif mis en place par Robbie Deans.

La mêlée comme atout

Victimes de la forte influence du rugby à XIII, les Australiens périclitent en mêlée depuis quelques années. Des lacunes sur les phases arrêtées qu’ils compensent par des sorties de balle rapides et de la disponibilité dans le jeu. Le pack tricolore, séduisant dans sa constance, aura donc un avantage supposé au coup d’envoi. Thomas Domingo est d’ailleurs prêt à en découdre: « Il faudra les chahuter et les emmerder au maximum pour les empêcher de s’exprimer et de sortir des ballons derrière » .

La clé du match pourrait donc être la mêlée, mais l’entraîneur des avants Didier Retière prévient: « ce serait commettre une erreur que d’en faire une priorité ». C’est avant tout dans l’engagement et la cohésion que la décision peut se faire. Trouver un équilibre entre attaque et défense pour empêcher le talentueux Will Genia, de retour en demi de mêlée, d’accélérer le jeu.

La tâche s’annonce difficile pour Thierry Dusautoir et ses coéquipiers qui, rappelons-le, n’ont pas vaincu l’Australie depuis cinq ans! Battre « l’une des deux meilleures équipes du monde », à un an de la coupe du monde, doperait les ambitions françaises.

Thomas MICHEL