Pierre Morel : « L’important n’est pas que le pape soit noir, mais qu’il soit ouvert »

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Invité à débattre lors de l’Assemblée organisée par Marianne à Nice, Pierre Morel, ancien ambassadeur de France à Rome et directeur de l’Observatoire Pharos du pluralisme des cultures et des religions, est revenu sur la démission du pape Benoît XVI. S’il se refuse à donner ses préférences quant à son éventuel successeur, il avoue privilégier l’élection d’un pape « en phase avec la mondialisation ». Noir ou non.

Marianne : Avez-vous votre préférence parmi les possibles successeurs à Benoît XVI ?

Pierre Morel : Cela ne me paraît pas raisonnable de répondre à cette question aujourd’hui. D’autant que beaucoup de noms circulent. Il faut prendre ses précautions car les favoris ne deviennent pas souvent pape. Selon moi, l’opinion publique n’influencera en tout cas pas l’élection du futur souverain pontife.

D’un point de vue diplomatique, quelles qualités faut-il attendre du futur pape ? Y aurait-il un profil type de celui qui sera capable d’entretenir de bonnes relations avec les autres religions ?

Les relations entre les religions se sont améliorées, y compris avec l’Islam, avec qui le dialogue est plutôt original et actif. Cela dit, on ne peut pas vraiment dire quel profil serait le plus approprié. La seule certitude que nous pouvons avoir, c’est qu’il doit être homme d’ouverture et d’écoute à l’égard du monde, prêt au dialogue avec les différentes cultures. Il faut en définitive que le futur pape soit en phase avec la mondialisation.

Qui représenterait le mieux les catholiques d’aujourd’hui ? On parle d’un pape noir.

Certes, en Afrique les populations sont plus catholiques qu’en Europe. La religion a une place plus importante dans les débats publics. Un pape non-européen, ça reste possible. Mais quelque part, l’important, ce n’est pas qu’il soit noir, mais capable d’assumer les responsabilités.

Propos recueillis par Sarah Aboutaqi

Crédit photo : DR