Permigo : des permis à petits prix

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L’astuce de Permigo pour payer son permis moins cher ? Exploiter le filon du net et couvrir le plus de zones possibles en ville. 

Entre les heures de conduite, les leçons de code de la route, les présentations aux examens et les possibles échecs, passer son permis est un sacrifice financier pour tout novice. Depuis un an, la start-up lyonnaise Permigo propose une alternative : des permis à partir de 749 €, tout compris.

Pour arriver à ce résultat, la jeune entreprise a trois méthodes. Un Permigo par ville qui couvre, à terme, l’intégralité du secteur. Une plateforme totalement interactive sur internet. Et plutôt qu’un moniteur assigné toute la semaine aux cours de code, un coordinateur d’enseignement assure la formation deux fois par semaine. Le reste du temps, les cours sont disponibles en illimité sur la toile.

Résultat : il y a beaucoup moins de frais de fonctionnement et d’infrastructures. Le nombre d’inscrits est nettement plus important : « On a ouvert il y a moins de deux mois et nous avons déjà plus de 100 inscrits. Nos élèves peuvent avoir une certaine autonomie sur internet. Pour autant, nous sommes très réactifs à la moindre question » assure Maxime Vielmont, responsable commercial à Nice.

LES 4 CHIFFRES CLÉS DE PERMIGO EN 2015

Une recette qui intrigue…

Selon l’association nationale de défense des consommateurs et des usagers, le tarif moyen d’un forfait basique s’élève à 1 067 euros, tout compris. Les auto-écoles classiques ne comprennent pas comment l’affaire peut pérenniser. Pourtant, il existe déjà 10 franchises Permigo agrées « auto-école » en France.

L’un des moniteurs de l’auto-école Massena soulève une problématique. Les jeunes agences ont très peu de places d’examens à l’ouverture, alors comment satisfaire tous les candidats sur le long terme ? « Nous avons mis presque 10 ans pour passer de 15 à 35 places d’examen pour la conduite et le code. Avec autant d’élèves, ça va peut-être passer au début, mais dans les mois à venir, ça va bloquer » commente-t-il.

…Et des solutions

À Nice, pour leur premier mois, l’auto-école low-cost a disposé de 4 places pour le code soit 1 place pour 25 élèves. Mais là encore Permigo a une solution. La préfecture du département attribue un nombre de places aux examens selon un coefficient. Il est calculé à partir du nombre d’inscrits, du nombre de premières demandes pour le test de la conduite et du taux de réussite. De ce fait, le ratio pour ces nouvelles auto-école augmente assez rapidement comme le démontre celle de Lyon. Ouverte depuis moins d’un an, elle a déjà 20 places pour le code et 15 pour le permis B.

L’autre astuce selon Vincent Diemert, responsable commercial à Lyon c’est de passer par le ministère : « On monte des dossiers béton pour prouver qu’on a vraiment besoin de places supplémentaires. Ça a fonctionné à Paris. On a l’avantage d’être un peu partout en France et d’avoir donc plus de poids qu’une petite auto-école de quartier ».

Enfin, la start-up joue sur son honnêteté. Vincent Diemert prévient ses élèves de la possible attente pour les passages à l’examen. « Nous sommes conscients de ce petit inconvénient mais on est très transparents. En plus, les délais ne dépassent pas ceux des autres agences. Il faut compter six à huit mois pour passer son permis ». Avec la nouvelle loi, les candidats pourront aussi tenter le code dans des bureaux de poste en payant 30 euros supplémentaires.

Mélanie Corbier et Charlène Guidarini