Penalva au bout du rêve

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David Penalva est un rugbyman au parcours riche en expériences. De Bayonne à Nice, de la Fédérale 1 à la Coupe du Monde de rugby, l’international portugais a fait l’unanimité. Car ce joueur est aussi rugueux sur le terrain que sympathique en dehors.La poignée de main est virile et franche. Mais le sourire est sincère et chaleureux. En quelques secondes, deux traits de caractère de David Penalva sautent aux yeux : son intégrité et sa gentillesse. « Un mec bien », comme le confie son entraîneur au Rugby Nice Côte d’Azur, Manu Boutet. Le coach poursuit : « C’est quelqu’un dont l’envie et la motivation ne sont plus à prouver. Il a cette volonté de se surpasser, de marquer son adversaire et de gagner tout ses duels. Sans oublier son engagement de tous les instants. » C’est même sa qualité principale. Ce seconde ligne né à Bayonne avoue, presque gêné : « Je ne peux pas vous dire le contraire. C’est ce qui m’a fait sortir du lot. Je suis déjà passé au travers lors d’un match, c’est certain. Mais ne pas me donner à 100%, jamais. »

Un état d’esprit sans doute façonné par son éducation. Ses parents, immigrés portugais, lui ont toujours donné le goût du travail et une volonté de se surpasser. « Quand je voyais mon père se lever tous les jours se lever à 5 heures pour faire tourner son entreprise de maçonnerie, j’avais envie d’en faire autant, se rappelle-t-il. D’ailleurs, je suis parti très tôt bosser sur des chantiers. » La suite, c’est le rugby qui l’a conditionnée.

De Biarritz à la Fédérale 1

Après avoir fait ses classes à l’AS Bayonne, le deuxième club de la ville, David Penalva est repéré par Biarritz. Il fait alors le choix de stopper ses études en maçonnerie gros-œuvre pour se dédier entièrement à sa passion. L’international portugais évolue alors dans les différentes équipes biarrotes de jeunes. Il portera même à deux reprises le maillot de l’équipe première lors de la Coupe de la Ligue. Une compétition disparue depuis.

En manque de temps de jeu, ce beau bébé de 1m91 pour 105 kg fait alors le choix de rejoindre le monde amateur. Il signe à l’US Tours rugby, club de Fédérale 1. Il rejoint ensuite Poitiers. Puis enfin Blagnac en 2006. Avec le club de la banlieue toulousaine, il monte en Pro D2 dès l’année suivante. David Penalva explose alors au plus haut-niveau. C’est à cette époque qu’il obtient avec le Portugal une qualification historique pour la Coupe du Monde. Une première pour le pays. « Le jour où on s’est qualifié, c’était comme un rêve. C’était énorme. D’ailleurs, je n’ai vraiment réalisé ce qu’on avait réalisé que lorsque je suis rentré pour mon premier match de Coupe du Monde. »

Le rêve d’une Coupe du Monde

Mais pour gagner le droit de jouer la plus grande compétition mondiale de l’Ovalie, ce joueur amateur a dû faire beaucoup de sacrifices. Physiques bien sûr. Financiers aussi. « Pour jouer les matches de préparation, bien souvent, il fallait que je pose des congés. La plupart du temps sans soldes. » Mais le jeu en valait la chandelle. Ces quatre années de labeur ont été récompensées en quelques semaines. « Cette ferveur, cette ambiance, ces stades pleins qui nous supportaient tous parce que nous étions les petits poucets…j’en rêvais depuis que j’étais gosse. » Autre grand moment de cette compétition pour les Portugais : la rencontre face aux All Blacks.

« Depuis tout petit, je disais à mes parents que je voulais un jour jouer contre la Nouvelle-Zélande, confie David Penalva. C’était un nouveau rêve qui se réalisait. Se mesurer à ce qui se fait de mieux, être face à eux au moment du Haka. Rien que d’en parler, j’en ai des frissons. » Mais ce qui a le plus marqué l’équipe portugaise, c’est l’après-match. « On a vu presque toute l’équipe néo-zélandaise débarquer pour nous payer un coup à boire. Ces mecs, qui étaient là pour gagner le mondial ont pris le temps de boire une bière avec une équipe comme la nôtre. C’était un moment très fort humainement. »

De retour en Fédérale 1

Dans la lancée de cette Coupe du Monde, David Penalva a enchaîné trois saisons impressionnantes en Pro D2. Après Blagnac, il a rejoint en 2008 Auch. Bien qu’humainement et sportivement, il n’en garde que de bons souvenirs, il a finalement fait le choix de quitter le club gersois l’été dernier pour rejoindre Nice. Un retour dans un club amateur alors qu’il avait encore un an de contrat professionnel. Cet homme d’ambition s’explique sur ce choix : « Je suis un joueur qui a besoin d’évoluer dans un club qui a un projet. A Auch, nous jouions le maintien depuis plusieurs saisons. Et les finances ne permettent pas d’espérer beaucoup plus. C’est dur de trouver la motivation de s’entraîner quand on joue pour ne pas descendre. Je préférer jouer au niveau en-dessous mais tenter d’amener cette équipe au plus haut-niveau. »

Et le club niçois s’en félicite. Manu Boutet ne voit que des points positifs à avoir un tel joueur dans ses rangs. « Il nous amène véritablement l’expérience du haut-niveau. Il a tout connu et à ses côtés, les jeunes joueurs vont véritablement passer un cap. En plus, c’est une personne que j’apprécie vraiment humainement. » Car David Penalva « n’a rien à voir dans la vie de tous les jours avec ce qu’il est sur le terrain » précise sa compagne, Caroline Amigues. « Heureusement » précise aussitôt l’avant du RNCA. Car il a le sang chaud. Pour un joueur Portugais qui a grandi et appris le rugby en France, c’était à prévoir. Nous sommes des latins avant tout…

Jean-Baptiste Esculié


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