Ouvreur, celui qui montre la voie

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Si une compétition d’escalade offre toujours son lot de spectacle, ce n’est pas qu’en raison du niveau de ses grimpeurs. En coulisses, ceux que l’on nomme les « ouvreurs » prennent plaisir à créer de toute pièce des voies toujours plus imprévisibles.

« Le but, c’est qu’ils en chient pour y arriver ». Guy Thaon grimpe depuis plus de 20 ans dans la salle d’escalade du club Grimp’Azur, à Nice, et ouvre des voies depuis presque aussi longtemps. Il est moniteur d’escalade, mais aussi ouvreur à ses heures perdues. Son rôle en tant que tel, est de créer des voies à grimper, sur des parois artificielles ou des sites naturels. « Les deux sont totalement différents. En intérieur, il s’agit de fixer des prises, ou des blocs, que l’on peut démonter et remonter pour réadapter le tracé à chaque fois. Sur des parois naturelles, en revanche, on ouvre une première fois pour poser la voie d’assurage, rendant la paroi praticable, et c’est tout ».
Selon le passionné, le travail d’ouvreur nécessite une précision extrême. « Pour s’assurer que le tracé qu’on a créé, marche. Et parfois, cela ne se joue pas à grand-chose. Une rotation de 5° sur une prise peut suffire à rendre la voie irréalisable ». Une chose qu’un ouvreur doit à tout prix éviter. « On a une certaine responsabilité, surtout en compétition. C’est nous qui créons les voies, alors si nous ne nous sommes pas à la hauteur, c’est l’événement tout entier qui en paie le prix. Et après, les grimpeurs viennent râler ».

« On peut faire gagner n’importe quel grimpeur »

« Le rôle d’un ouvreur n’est pas de rendre la tâche facile aux grimpeurs, poursuit le professionnel. Le but, c’est de les faire tomber, mais pas trop non plus, pour garantir un spectacle maximal ». Pour cela, les ouvreurs doivent être capables d’imaginer, d’anticiper la façon dont chacun évoluera sur la voie choisie. Et visiblement, cela ne semble pas si difficile : « on reste avant tout des grimpeurs, alors on sait d’avance qui a les capacités de finir la voie ou pas, souligne Guy Thaon, avant d’ajouter, je dirais même qu’en ce qui concerne le haut niveau, on peut faire gagner n’importe quel grimpeur. En créant une voie qui l’avantagera, suivant qu’il soit connu pour être plus habile, plus réfléchi, plus souple… ».

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Sac à dos enfilé, livre de Tolkien dans une main et appareil photo dans l'autre, pour moi la vie se croque à travers l'objectif. L'objectif capable de zoomer sur un grain de sable, mais aussi celui qui s'atteint, qui rythme une journée, une vie. Celui qui nécessite de la rigueur, acquise pour ma part sur les terrains de basket, pendant douze ans. J'ai grandi dans le sport, et je souhaite aujourd'hui travailler dans le sport. A la manière dont je partage mes clichés avec mes amis, de mes passages en Espagne, Angleterre, Sicile, Italie, Tunisie, Afrique du Sud, à Madagascar, Mayotte (où j'ai vécu durant 2 ans), je veux partager mon expérience et mon analyse de l'actualité. Le sport avant tout, mais aussi l’info générale et l’actualité internationale. Lutter contre l'individualisme ambiant, en rassemblant les gens à travers l'information, c’est ce combat que j’ai choisi.