Ouverture de la saison hivernale à l’hippodrome de Cagnes-sur-Mer

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Centre des paris de l’hippodrome de Cagnes-sur-Mer. A cinq minutes du départ de la première course, les quelques parieurs présents ne se précipitent pas vers les guichets. Crédit photo : M.B.

Coup d’envoi de la saison hivernale à l’hippodrome de Cagnes-sur-Mer. Trot, galop, obstacle… Le sport continue, mais les parieurs désertent.

Centre des paris de l’hippodrome de Cagnes-sur-Mer. A cinq minutes du départ de la première course, les quelques parieurs présents ne se précipitent pas vers les guichets. Crédit photo : M.B.

« Il n’y a plus d’argent, mais nous sommes quelques vieux briscards à faire de la résistance ». A 60 ans et 44 années de paris, Philippe a des étoiles dans les yeux lorsqu’il évoque sa passion pour les courses hippiques. Depuis 60 ans également, Cagnes-sur-Mer accueille les plus fines cravaches de l’Hexagone et du monde entier. « La Côte d’Azur offre un climat idéal pour nos chevaux », raconte Olivier, un entraîneur. Pas pour rien si les connaisseurs le surnomment le Vincennes du Sud. « Mais le seul bémol, c’est l’affluence », poursuit-il. Une journée de meetings d’hiver comme celle-ci ne rassemble que 400 à 500 parieurs, alors que l’été ils peuvent être plus de 6000 en bord de piste.

Un panier moyen élevé

Si les joueurs se font de moins en moins nombreux, les sommes misées à Cagnes-sur-Mer sont beaucoup plus élevées que la moyenne nationale. « Une différence flagrante, d’après Frédéric Fabre, gestionnaire des opérations. Les tickets s’élèvent en moyenne à 100 ou 150 euros, alors que traditionnellement, on ne mise que 2 à 4 euros à Chantilly, Auteuil ou Vincennes ». La fréquentation reste faible, mais le public devient de plus en plus spécialiste. Sans surprise, certains sont tentés par la fraude. « L’appât permanent du gain fait qu’ils veulent gagner toujours plus, confirme Christian Susini, contrôleur des paris pour le PMU. Il y a quelques fois des anomalies, des écarts de caisse trop importants, des paiements suspects… A ce moment-là, je dois bien sûr intervenir ».

L’adrénaline avant le gain

La passion, le plaisir, l’adrénaline. Ce sont les mots qui reviennent le plus souvent dans la bouche des parieurs. « 10 euros pour gagner 28 euros, c’est minable, lance Philippe, avec autodérision. L’argent ne fait pas mon bonheur. Ce qui m’excite vraiment, c’est de jouer un cheval, puis le suivre, l’encourager, crier de joie ou pleurer ». Moment de détente convivial. On discute, on plaisante, on retrouve des copains, dans une ambiance bon enfant. On vibre enfin pour quatre de minutes de grand sport. 13h24, arrivée de la première course. Victoire du numéro 5, Farasha. Philippe jubile.

 

Maxime Becmeur