Open de tennis de Nice : la difficile équation financière

0
63
L'Open de Nice comptera une nouvelle fois sur ses "nights sessions" et ses stars pour attirer un public nouveau. Crédit photo: opennicecotedazur.com

La quatrième édition du tournoi, c’est dans un mois. Si des têtes d’affiche devraient encore être au rendez-vous, le tournoi reste fragile économiquement.

L’Open de Nice comptera une nouvelle fois sur ses « nights sessions » et ses stars pour attirer un public nouveau. Crédit photo: opennicecotedazur.com

Pour organiser un tournoi de tennis à Nice, mieux vaut être en bons termes avec les élus locaux de la majorité. « Il nous reste 1,5 millions d’euros à trouver » confie Pierre Albuxiech, directeur adjoint de l’Open de Nice. Cette somme vient s’ajouter aux 1,2 millions d’euros accordés par la mairie et le Conseil général réunis. Des subventions parfois mal accueillies par l’opposition. Christine Doréjo, conseillère municipale PS de la ville de Nice, n’est pas contre un tel événement mais voudrait « s’orienter vers des manifestations plus populaires, plus proches des gens ». Proche des joueurs, les spectateurs le seront en tout cas pendant le tournoi, pour le plus grand plaisir de l’organisateur. « C’est quand même exceptionnel de pouvoir approcher les joueurs, de voir des matchs à moins de cinq mètres parfois » selon Pierre Albuxiech. Une proximité qui a ramené plus de 20 000 spectateurs l’an dernier. Mais la billetterie ne représente que 15% des 2,7 millions d’euros de budget, soit 400 000€. Il faut alors trouver d’autres moyens de financement.

Un budget difficile à réunir

Si le tournoi ne perd pas d’argent, il n’est pas voué à en générer. « Après trois éditions, on commence à gagner un petit peu notre vie mais ce genre d’événement n’est pas fait pour s’enrichir » concède Pierre Albuxiech. L’Open a de nombreux partenaires à petite échelle. Véolia, BNP Paribas, Eiffage, EDF sont autant de sponsors contribuant à 3 ou 4% du budget. Une goutte d’eau, importante, mais qui rend difficile le rassemblement des fonds nécessaires. Malgré les quelques 140 millions de téléspectateurs à travers 30 pays l’an passé, les droits télés, eux, ne représentent qu’entre 5 et 7% du budget. L’aide financière des institutions locales apparaît alors comme indispensable. « Le problème c’est que même un euro, c’est toujours de l’argent public et dans la situation actuelle, il faut avoir un œil comptable » reprend Christine Doréjo. La somme attribuée à l’Open de Nice peut paraître colossale mais sans elle, le tournoi ne survivrait pas. Avec lui, des entreprises locales perdraient un marché. Cette année, l’organisation a choisi de faire la part-belle aux sociétés niçoises : « Après trois ans, on a voulu repartir sur un nouveau cycle et faire appel à des entreprises du cru » selon le directeur du tournoi. Donner du travail aux sociétés locales et contribuer au rayonnement de la ville, tels sont les objectifs des organisateurs.

Axel Amouyal et Guilhem Herbert

Ils répondront présents

Le Niçois Gilles Simon et le français Gaël Monfils sont les deux tricolores très attendus pour cette quatrième édition. L’avignonnais Benoit Paire aujourd’hui 32e mondial sera lui aussi de la partie et aura une belle carte à jouer. Coté têtes de série le grand Thomas Berdych (6e mondial), l’Italien Andreas Seppi (19e) et l’Américain John Isner (23e mondial) tenteront d’inscrire leur nom au palmarès du tournoi. A noter aussi la présence de l’ancien numéro un mondial Lleyton Hewitt.

La Côte d’Azur, terre d’événements

La fin du festival de Cannes, le Grand Prix de Monaco et l’Open de Nice, le tout la même semaine. C’est l’incroyable programme qui attend la Côte d’Azur du 20 au 26 mai prochain. Trois événements internationaux sur une cinquantaine de kilomètres qui prouvent toute l’attractivité de la région. Au-delà de ceux précédemment cités, on pourra évoquer le Masters de Monte-Carlo en tennis, le meeting Herculis de Monaco en athlétisme ou encore le festival international « Espoirs » de Toulon en football pour rester dans le sport. Un intérêt qui ne se dément pas avec le temps et qui attire forcément les regards. L’Open de Nice Côte d’Azur surfe donc sur cette vague pour séduire toujours plus d’annonceurs et se faire une place dans le calendrier international.