» Omar ne m’a peut-être pas tuer »

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L’affaire Omar Raddad n’en finit plus de défrayer la chronique. Le 23 juin 1991, Ghislaine Marchal, 65 ans, est tuée de plusieurs coups de couteaux dans sa villa de Mougins. Son corps est retrouvé dans sa cave, sur la porte est inscrit  « Omar m’a tuer ». Les soupçons se portent sur son jardinier Omar Raddad. Il est condamné malgré un manque flagrant de preuves. Dix-neuf ans après, la piste d’un sosie sème le doute.

Un énième rebondissement ! L’affaire Omar Raddad reste, à ce jour, l’un des dossiers les plus complexes de la Côte d’Azur nourri par des théories plus controversées les unes que les autres. Dernière en date, la découverte d’un sosie du jardinier par Bernard Narenjo, détective privé. Vieux routier de l’affaire, il avait, en 1995, rapporté  l’arme du crime à la gendarmerie. Il explique que « dans le proche entourage de Mme Marchal, une femme avait trois amants : deux officiels, mis hors de cause, et un autre, caché par sa maîtresse. Ce dernier n’a jamais été interrogé. » Cet homme ressemblerait beaucoup à Raddad.

Des indices troublants

Le parquet de Grasse a confirmé que la vérification de ces « nouveaux » éléments était en cours. Les résultats sont attendus « début décembre ». Le principal intéressé, lui, déclare que « c’est n’importe quoi » et rappelle, au passage, qu’il avait déjà été question d’un sosie en 1994. Son nouvel avocat, Sylvie Noachovitch, émet « les plus extrêmes réserves ». Elle préfère suivre la piste de deux empreintes ADN masculines retrouvées dans l’inscription « Omar m’a tuer », écrite avec le sang de la victime. Elles ne correspondent pas à celle de Raddad.

Depuis 2008, Maître Noachovitch réclame l’ouverture d’une information judiciaire pour comparer ces ADN au Fichier national des empreintes génétiques, ce qui n’a jamais été fait. Deux lacunes de plus dans un dossier où les erreurs de la justice sont légion. En 1994, la Cour d’Assises de Nice se base sur les témoignages des graphologues (qui affirment que c’est bien la victime qui a écrit le message) pour condamner le Marocain à 18 ans de réclusion criminelle et cela malgré l’incertitude de cette science à l’époque. Suite à une nouvelle analyse , en 2000, les experts sont incapables de dire si Mme Marchal est l’auteur de cette phrase.

Une réhabilitation ?

Gracié par Jacques Chirac en 1996, libéré en 1998 après 7 ans de détention, Omar Raddad est libre mais pas innocent. Âgé de 48 ans et résidant à Toulon, il réclame un second procès. La commission de Révision pourrait procéder à la confrontation des ADN mais rien n’est acquis. En 2002, elle a rejeté sa première demande. Au bout du compte, pour de nombreux observateurs, une seule certitude demeure : l’omniprésence du doute.

Florence Mussard